Par Bertrand Gallicher

A Donetsk
A Donetsk © Getty / NurPhoto

En Hongrie, le premier ministre Viktor Orban a annoncé cette semaine l'organisation d'un référendum sur les migrants.

Une façon de conforter son image de chef de file des nationalistes européens.

Et la question posée à ce référendum sera la suivante "Voulez-vous que l'Union européenne soit habilitée à prescrire l'installation obligatoire de citoyens autres que Hongrois sans le consentement du Parlement ?"

L'enjeu ce sont les relocalisations des quotas de migrants à répartir entre les différents pays de l'Union européenne. Une idée contre laquelle la Hongrie s'est immédiatement dressée.

Son opposition pourrait lui valoir une amende salée de la part de Bruxelles : 250.000 euros par réfugié refusé. Même si la sanction envisagée par la Commission européenne à l'encontre des pays récalcitrants est poétiquement baptisée "contribution de solidarité", en Hongrie ça ne passe pas.

Viktor Orban cherche à conserver le leadership de la droite populiste et nationaliste en Europe, en prenant des initiatives radicales face à la crise des réfugiés. La Hongrie très critiquée l'an dernier pour avoir érigé une clôture de barbelés à ses frontières avec la Roumanie, la Serbie et la Croatie a depuis été imitée.

Et certaines capitales d'Europe de l'ouest (qui avaient dénoncé une solution brutale) en sont aujourd'hui secrètement soulagées. La réaction de Budapest a aussi mis la pression sur Bruxelles, trop longtemps restée figée devant l'afflux de migrants en Europe.

Et les Eurodéputés ont voté hier un texte créant un corps européen de 1.500 garde-frontières pour contrôler les frontières de Schengen.

Mais la doctrine de Viktor Orban ne se limite pas au verrouillage des frontières. C'est un modèle politique qui a bien d'autres ambitions, comme les Hongrois ont pu s'en apercevoir depuis 2010, année où son parti le Fidesz allié aux démocrates-chrétiens a obtenu les 2/3 des voix au parlement.

Ce qui lui a permis de modifier la constitution et de mettre au pas les médias publics. Désormais son régime autoritaire tourne le dos au libéralisme prôné à Bruxelles sans aller jusqu'à la rupture.

Comme ses voisins polonais, croates et slovaques dont il est proche, Orban sait que la Hongrie a besoin de l'Union européenne. Ce qui l'avait incité -paradoxalement- à militer contre le Brexit dans les journaux britanniques. Près de 300.000 Hongrois travaillent au Royaume-Uni.

Mais aujourd'hui Viktor Orban considère que la sortie du Royaume Uni a changé la donne.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.