Au Cambodge, il est une star : Magawa - et ses congénères - aident à débarrasser le pays des mines anti-personnelles encore enfouies. Il vient de prendre sa retraite.

Magawa, le rat sniffeur de mines
Magawa, le rat sniffeur de mines © AFP / HANDOUT / PDSA

Vous connaissez La Fontaine ? Le Rat qui s’est retiré du monde ? "Les Levantins en leur légende / Disent qu’un certain rat, las des soins d’ici-bas / Se retira loin du fracas". On ne peut pas mieux illustrer la fin de l’Histoire de Magawa, le rat cambodgien.

Magawa, c’est d’abord un rat géant d’Afrique

Avec la queue, il mesure un bon mètre de long. D’ailleurs, il est né en Tanzanie en 2014 puis a été entraîné par l’ONG belge APOPO à renifler puis signaler les mines anti personnelles dans le sol. Enfin, Magawa a été transféré au Cambodge en 2016 avant de devenir une star !

42 terrains de foot couverts en 5 ans de carrière

Tous ses soigneurs vous le diront : Magawa adore son boulot : premier sur le terrain, il gratouille avec un entrain inégalé et, à lui tout seul, il a déniché au cours de sa longue carrière pas moins de 71 mines anti personnelles et 38 autres engins explosifs.

C’est simple, il a ratissé en 5 ans, 225 000 m2 infestés d’explosifs. L’équivalent de 42 terrains de foot ! Je rappelle qu’au Cambodge, plus de 5 millions de mines ont été posées jusque dans les années 90, occasionnant plus de 25 000 amputations.

Donc le travail de Magawa sauve des vies ! Seulement, ces derniers temps, il préférait faire des siestes, manger des bananes, des cacahouètes et de la pastèque plutôt que de farfouiller la terre. Bref, il était temps qu’il prenne une retraite bien méritée.

Des rats plus efficaces que les hommes

Pour pleins de raisons : d’abord, ils sont extrêmement intelligents et peuvent donc être facilement entraînés. Ensuite, ils ont un flair remarquable qui leur permet de repérer dans la terre le TNT, c’est-à-dire l’explosif classique des mines et obus.

Or un démineur humain, lui, n’est souvent armé que d’un détecteur de métal qui sonne à tout bout de champ… de bataille. Conclusion : un rat couvre en moyenne l’équivalent d’un terrain de football en 30mn, alors qu’un humain fait le même boulot en 4 jours.

Enfin, dernier avantage, les rats sont trop légers pour déclencher les mines : ils repèrent la munition, grattent un peu, couinent à l’intention de leur maître, et il n’y a plus qu’à ramasser. Les blessures sont extrêmement rares.

L'expérience n'est malheureusement pas généralisable : le nombre de mines anti personnelles qui infeste le monde est incommensurable. On estime à 60 millions le nombre de personnes exposées dans 59 pays du monde. Rien qu'en 2018, près de 6 900 personnes ont été tuées ou blessées par ces engins de mort.