C'est le titre d'une émission en 5 volets de la télévision publique chinoise. Rien n'est épargnée pour tenter d'intéresser les "millenials", les ados chinois à laquelle cette superproduction est destinée.

Karl Marx et les jeunes Chinois, ce n'est pas gagné ! Ici sa statue à Trier en Allemagne
Karl Marx et les jeunes Chinois, ce n'est pas gagné ! Ici sa statue à Trier en Allemagne © Getty / Thomas Lohnes

Imaginez : un immense plateau télé, des effets spéciaux dignes des films de Spielberg, un public enthousiaste, des dizaines d'adolescents triés sur le volet. Bref, imaginez la dernière superproduction en 5 volets de la télévision publique chinoise.

On s'y croirait non ? Vous voulez savoir le sujet de cette débauche de moyens ? L'émission s'appelle : « Marx avait raison ! » et la présentatrice que vous avez entendu explique : « pour beaucoup, Karl Marx est ce vieux monsieur à la longue barbe ».

« Et le marxisme, un ramassis de concepts ou, au mieux, quelques questions d'un examen. Mais aujourd'hui, j'ai envie de vous demander à tous : comprenez-vous vraiment Marx et le Marxisme ? »

Une émission qui s'adresse aux jeunes ados 

Or c'est pas gagné pour sortir les « millenials », cette génération née autour de l'an 2000, de leurs smartphones et de leurs passion pour la K-pop, les boys et les girls bands en provenance de Corée du Sud.

Imaginez-les alors qu'ils apprennent que le 3ème volet de cette série annoncée à grand renfort de pub sur tous les sites officiels, s'appelle : « l'immortel chef d'oeuvre : Das Kapital », autrement dit, les trois volumes complets du Capital.

Tout est fait pour les ados : les épisodes de la vie de Karl Marx, dont on commémore le bicentenaire de la naissance, c'était samedi dernier, sont illustrés par des dessins animés, une petits films dramatiques et des commentaires pleins de oh ! Ou de ah !

La télé raccord avec le président Xi Jinping

D'abord, illustrer la pensée auguste du premier d'entre eux, le président Xi Jinping, qui déclarait vendredi que Marx était « le plus grand penseur des temps modernes ». Ensuite, ce n'est le marxisme qui est visé – encore que – que sa version chinoise.

C'est à dire le marxisme mêlé d'autoritarisme et de nationalisme qui, comme l'expliquent les spécialistes convoqués, « protègent la Chine et les Chinois : une Chine sûre, pleine de vitalité et très prospère » grâce au parti et aux enseignements de l'homme à barbe.

Enfin, on part en Egypte à la rencontre d'un joueur de foot

Pas pour vous parlez de Marseille, mais pour évoquer la figure de ma passion du moment : le butteur de Liverpool, le nouveau pharaon d'Egypte : Mohamed Salah, dit Mo Salah. Il est immensément populaire en Egypte et ça fait du bien.

Parce qu'en plus, il l'est pour de bonnes raisons : son dernier cadeau à sa terre natale, ce n'est pas un hôpital flambant neuf, ou un pont, ou une école. Non, c'est, écoutez-bien, une station d'épuration. A savoir l'antithèse même du cadeau bling-bling.

Le genre d'ouvrage auquel les politiques comme les stars ne pensent jamais. Mo Salah, qui décidément est un type très brillant, lui oui. Or avant même l'éducation et les soins, l'eau potable et le tout à l'égout sont les bases du développement véritable. 

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