Aalst, en Belgique, est connu pour son carnaval iconoclaste qui est même listé par l'Unesco au titre du patrimoine immatériel de l'humanité. Sauf qu'un char clairement antisémite a entaché l'édition de 2019.

Char du carnaval d'Aalst (capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=Csh_WNI4t1I)
Char du carnaval d'Aalst (capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=Csh_WNI4t1I)

On part en Belgique ce matin, pour le carnaval d'une petite ville flamande. La ville d'Aalst – ou Alost en français – une charmante bourgade située en plein centre de la Belgique et à mi chemin entre Bruxelles et Gant. On est là en terre flamande et le carnaval d'Aalst est une tradition particulièrement populaire et ancienne.

Au point d'ailleurs que ce carnaval fait de chars à thèmes et de danses a été ajouté en 2010 à une des listes de l'UNESCO au titre patrimoine culturel immatériel de l'Humanité. Cette année, un des groupes carnavalesques a eu une idée, comment dire, frappante :

Pour le char de tête, le Vismooil – c'est le nom du groupe – a créé deux énormes poupées représentant deux Juifs orthodoxes, bien reconnaissables avec leurs schtreimels sur la tête, vous savez ces chapeaux en fourrure si caractéristiques. Mais ce n'est pas tout !

Nos deux poupées de plusieurs mètres de haut ont le nez crochu, la lipe tombante, le sourire grimaçant, les mains prêtes à saisir et à saisir quoi, je vous le donne en mille, à saisir des billets de banques et des pièces d'or.

Une caricature digne des années trente !

Il ne manque même pas les rats sur les épaules et sur le tas d'argent de ces deux représentations intitulée – pour plus de clarté encore - « l'année du Shabat ». Evidemment, sitôt le défilé terminé, le scandale a été énorme.

Même la Commission européenne dont le siège bruxellois est à quelques kilomètres de la ville de Aalst s'est fendu d'un communiqué indigné expliquant – je cite – qu'il « était impensable qu'elle telle imagerie puisse parader en Europe, 74 ans après l'Holocauste ».

Mais le plus étonnant, ce sont les autorités locales qui n'ont pas une seconde vu le problème avant le carnaval, où elles sont censé inspecter les chars, et surtout, n'ont pas voulu condamner cette insulte antisémite caractérisée, après le défilé !

Le bourgmestre défend son carnaval

Monsieur le bourgmestre d'Aalst, Christoph D'Haese, a expliqué que s'il y avait bien un endroit en Europe où ce type de caricature était possible, c'était dans sa bonne ville flamande et que les créateurs du char n'avaient pas eu de mauvaises intentions.

Mais le pire c'est que ce n'est pas la première fois que ça arrive, à Aalst et pour le carnaval. En 2013, un autre groupe avait eu le bon goût de faire parader des wagons de bestiaux et des caricatures de politiciens belges tenant dans les mains du ZyklonB.

Le ZyklonB, je le rappelle, c'est le gaz mortel utilisé par les nazis pour alimenter les chambres à gaz des camps d'extermination du type Auschwitz. A l'époque, la condamnation avait été unanime et l'Unesco avait bien sûr protesté.

L'Unesco devra condamner

Elle ne saurait tarder. Je pense même qu'il faudrait retirer l'agrément prestigieux accordé en 2010 à Aalst. Mais décidément, il y a bien un problème d'antisémitiste enkysté en Occident. Des Etats-Unis à l'ensemble de l'Europe.

Mais le plus écoeurant est que les caricatures de Aalst sont une copie conforme, au détail près, de l'iconographie du régime nazi. Il suffit de revoir une des affiches du Juif Suss, ce film de propagande antisémite datant de 1940, pour s'en convaincre.

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