Vous vous souvenez du mur de Trump : « immense, imposant, magnifique »…

Le cabinet d'architecture a choisi la couleur rose pour ce mur.
Le cabinet d'architecture a choisi la couleur rose pour ce mur. © Getty / Franck Reporter

Si Donald Trump l'emporte demain soir, il l'a promis, il commencera la construction du mur qui courra le long des 3 141kms de la frontière américano-mexicaine dès « le premier jour de sa présidence ».

Et comme les Mexicains devront payer pour ce mur, autant commencer tout de suite à le préfigurer. C'est ce qu'a fait un des plus célèbres cabinets d'architecture mexicains, Estudio 314.

Ils ont fait phosphorer une équipe de six jeunes architectes pendant plusieurs semaines, et le résultat vient d'être mis en ligne et commenté. Pour travailler, ils ont appliqué à la lettre les prescriptions de Donald Trump qui l'imagine :

Superbe, impénétrable, spectaculaire, gigantesque, magnifique avec une grande et belle porte.

Il n'en fallait pas plus pour les Mexicains, qui ont imaginé un immense mur rose qu'ils ont appelé le "big pink". Le rose, c'est évidemment une provocation.

Parce que s'ils sont censés le payer ce mur, autant qu'ils en choisissent la couleur ! Et puis ce rose là est la couleur fétiche d'un des plus grands architectes mexicains, Luis Barragán, mort en 1988, mais qui a couvert le Mexique de maisons roses.

Mais il y a tout de même beaucoup de provocation et d'ironie dans ce travail. Parce qu'en plus du mur, « superbe, impénétrable, gigantesque » et rose donc, nos architectes ont aussi imaginé quelques aménagements.

Comme par exemple une prison, à cheval sur la frontière, pour 11 millions de personnes. Onze millions, c'est le nombre de sans-papiers que Donald Trump a promis de débusquer, d'arrêter et d'expulser.

Ils ont aussi imaginé un centre commercial, pour passer agréablement les heures, voire les jours d'attente, qui seront nécessaire pour franchir légalement l'unique « grande et belle » porte imaginée par le président Trump.

Ils ont même pensé à construire un immense belvédère pour que les Mexicains puissent tout de même voir au loin « the land of the free », le « pays des hommes libres » comme les États-Unis aiment le rappeler.

Et en conclusion de cette vue d'artiste qui n'a aucune chance d'être réalisée un jour, Donald Trump ou pas, nos architectes mexicains expliquent que « ce travail donnera à tous l'occasion de mesurer toute la superbe perversité de cette promesse électorale ».

  • Une revue de presse Américaine

L'agrégateur de sondages du New York Times : une sorte de pool de tous les sondages, donne 84% à Hillary Clinton 84% de chances de l'emporter demain soir.

Le New York Times qui rappelle par ailleurs, que ce sera la première depuis le président Franklin Roosevelt que les démocrates remporteraient l'élection trois fois de suite. Avec cet éditorial prophétique : « Démocrates, ne vous réjouissez pas vite ».

« Si le Parti républicain est dans un sale état, la victoire de Clinton ne devra pas vous faire oublier que le Parti démocrate n'est pas en meilleure forme ». Les modérés du parti auront fort à gérer leur aile gauche, comme les républicains avec le Tea Party ».

Le Los Angeles Times, pour sa part publie un édito passionnant titré : « Nous avons la chance de faire l'Histoire en élisant la première femme à la tête du pays, pourquoi ne nous réjouissons-nous pas ? », sous-entendu, nous autre les femmes.

Tout simplement parce que cette femme s'appelle Hillary Clinton et que même « si elle l'emporte largement demain, elle laissera l'impression de ne pas avoir gagné cette élection, mais d'y avoir survécu ». C'est exactement cela qu'il faut comprendre.

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