Le Sénat reste républicain, la Chambre passe aux Démocrates : les deux camps ont des raisons de se réjouir même si, comme le dit le Washington Post ce matin, "le temps de l'hégémonie d'un seul parti sur le Congrès est terminé".

D'abord, il y a ce qui passionne tout le monde : l'exceptionalité de ces élections de mi-mandat. Jamais autant d'américains n'avaient par exemple autant voté en avance : près de 39 millions de votes émis avant même ce 7 novembre dans les Etats qui le permettait. C'est près du double des précédents mid-terms en 2014.

Ensuite, jamais autant d'argent n'avait été dépensé pour des législatives : 5,2 milliards de dollars, plus de 4 milliards et demi d'euros, c'est du jamais vu même si les records d'argent déversés sur la politique américaine semblent être battus à chaque élection.

262 femmes candidates

C'est un nouveau record : jamais autant de candidates et il est donc déjà certain que jamais autant de femmes n'auront été élues dans des élections qui, en plus, a vu les électeurs se mobiliser comme jamais. C'est d'ailleurs ce qui rassure le New York Times ce matin :

« La démocratie américaine a beaucoup souffert des derniers temps, mais ce mardi électoral est à célébrer de bien des façons. Malgré une des périodes politiques les plus toxiques et les culturellement divisée de l'histoire, des dizaines de millions d'Américains de toutes ethnies, classes et convictions se sont rassemblés pour voter ».

« Du Nevada au Texas, de la Floride au Maine, le taux de participation ont explosé ceux des précédentes élections de mi-mandat. Et il faut le reconnaître : on doit cette vitalité de la démocratie américaine à Donald Trump : mobilisé ou choqué les électeurs ont voulu lui répondre en masse. »

Et le New York Times d'ajouter : « dans les Etats – Floride, Géorgie, Indiana – dont le président Trump avait fait une priorité, plusieurs signes indiquent que la victoire est pour lui, aussi bien aux postes de gouverneurs que de sénateurs ».  

« Mais dans certaines parties du pays, notamment celles où les blancs les mieux éduqués dominent ou sont sur-représentés, dont certains ont pu soutenir Donald Trump en 2016,le style de leadership présidentiel et sa focalisation sur le thème de l'émigration, ont contribué à de lourdes pertes électorales pour les républicains. »

Le magazine NewsWeek, pour sa part, tente de doucher l'enthousiasme des démocrates : « depuis des semaines, les Démocrates essaient de mobiliser leur base en expliquant qu'une « vague bleue », la couleur des démocrates, est sur le point de déferler.

Prenez le vote en avance. Il est censé favoriser les Démocrates. Mais, et c'est une 1ère dans cette élection : les électeurs républicains ont été cette fois-ci plus nombreux à voter en avance que les Démocrates. Autrement dit, rien n'est écrit d'avance ».

Le San Francisco Chronicle pour sa part, s'est concentré sur une figure récurrente de la vie politique américaine : celle que les Républicains adorent détester et ce depuis des années, celle qui deviendra leader de la majorité démocrate : Nancy Pelosi.

« Donald Trump a beau envoyer twitter sur l'immigration pour enflammer sa base, il a beau envoyer plus de soldats à la frontière mexicaine qu'en Syrie à la rencontre de quelques milliers de pauvres diables épuisés par la marche, Nancy Pelosi parle encore et toujours de couverture santé. Son message au démocrates est toujours le même : ne mordez pas à cet hameçon-là, c'est un piège mortel ».

« Celle qui a perdu en 2010 son leadership sur la Chambre des Représentants tient donc sa revanche et surtout, son calcul était juste : les candidats démocrates qu'elle a cornaqué doivent absolument résister à l'envie de réagir à chaque provocation trumpienne. « Restez scotchés au slogan de camapagne « pour le peuple » et surtout parlez de sécurité sociale, de santé publique, d'Obamacare. C'est cela que les Américains veulent partout ». Et elle semble avoir eu raison.

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