Cette mesure a été prise en urgence alors que les exportations de l'équidé à grandes oreilles sont passées de 27 000 tonnes en 2015 à 80 000 tonnes cette année.

  • Finies les exportations de bourricots nigériens !

La mesure a été prise cette semaine et suit de près celle du Burkina Faso voisin qui, lui aussi, a interdit l'exportation d'ânes sous toutes ses formes : viande ou peaux. Même constat au Burkina Faso où, en une année, le prix d'un âne a été multiplié par 12, et par 4 sur les marchés aux bestiaux de Niamey, la capitale du Niger. Du coup, des éleveurs alléchés ont délaissé le bétail traditionnel pour se spécialiser dans les ânes.

Le problème, c'est que, à ce rythme-là, il n'allait bientôt plus rester un seul âne vivant sur les routes et dans les champs nigériens ! Il fallait donc arrêter cette folie. D'ailleurs les deux pays ont aussi interdit l'abattage et l'équarrissage de l'âne Trotro africain !

Pour comprendre cette passion il faut faire un voyage de 11 000 kilomètres : la distance entre Niamey et Pékin.

En Chine, depuis toujours, la gélatine d'âne fait partie de la pharmacopée. Elle est fabriquée avec la peau et servie en petites portions de la taille d'un bouillon cube.

C'est très populaire là-bas : ça nourrit le sang, ça requinque le système immunitaire. C'est une sorte de vitamine traditionnelle. Le problème, c'est qu'avec la mécanisation de l'agriculture, le nombre d'âne a été divisé par deux en 20 ans.

Moins d'ânes, donc moins de peaux d'ânes à réduire en gélatine mais aussi moins de viande d'âne, tout bêtement. Or, dans le nord de la Chine, on aime bien la viande d'âne, servie avec une sauce aillée et vinaigrée. D'où le recours aux importations.

Or il se trouve qu'il n'y a guère qu'en Afrique où il existe encore de vastes populations d'ânes, pour le bât ou la traie ou tout simplement pour l'agriculture. D'où l'explosion du prix de l'âne et surtout, des exportations vers la Chine ou d'autres pays d'Asie, d'ailleurs.

Voilà comment, avec cette incroyable mondialisation, la passion chinoise pour la gélatine d'âne et l'âne rôti finit par créer à des milliers de kilomètres de là des fortunes rapides à Niamey et aussi la disparition accélérée de cheptels entiers de baudets.

  • Une revue de presse argentine

Avec ce titre à la une de Clarín qui effraierait n'importe quel consommateur en Europe : « 200% d'augmentation pour le prix du gaz ». Ce sera étalé, certes, mais le journal précise tout de même qu'on revient de loin : au début, le gaz devait augmenter de 330%.

Passons au Mexique où l'on ne s'est pas remis de la mort du chanteur Juan Gabriel, la semaine dernière.Cette fois-ci tous les quotidiens font leur une sur son enterrement, dont La Jornada qui parle en une d'une « dévotion qui dépasse toutes les prévisions.»

La Jornada qui, par ailleurs, titre sur le refus d'Hillary Clinton de rendre visite au président mexicain Peña Nieto. Le quotidien qui reprend la remarque de la candidate démocrate : « la visite de Trump fut un moment honteux » pour le Mexique.

Enfin, j'ai repéré un article dans le quotidien grec I Kathimerini : la Grèce a perdu en 2015 5 millions d'euros de TVA. En clair, les Grecs ont moins consommé à cause de la crise. Or ce chiffre est à peu près le même que le montant des mesures d'austérité pour 2015.

Autrement dit, ce que la Grèce a gagné d'un côté en appliquant les économies imposées par l'Union européenne, elle l'a perdu de l'autre côté en moindres rentrées fiscales. Le principe des vases communicants. A méditer, non ?

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