Jamais le Brésil n'avait connu autant de morts de la Covid19 que mardi 6 avril : plus de 4 000 ! Et tous les chiffres s'affolent. Ce jour-là, c’est même le bilan le plus élevé au monde : 4 fois plus que les États-Unis qui viennent en second.

Au Brésil, l'épidémie est hors de contrôle. Ici à Farroupilha en mars 2021 : 1000 croix ont été érigées pour symboliser les 300 000 morts.
Au Brésil, l'épidémie est hors de contrôle. Ici à Farroupilha en mars 2021 : 1000 croix ont été érigées pour symboliser les 300 000 morts. © Getty / Lucas Amorelli/picture alliance

Jamais le Brésil n’a connu autant de morts en une seule journée depuis le début de la pandémie : 4 211 décès mardi. Ce jour-là, c’est même le bilan le plus élevé au monde : quatre fois plus que les États-Unis qui viennent en second.

Selon les spécialistes, le Brésil pourrait même perdre 100 000 vies au cours de ce seul mois d’avril - c’est-à-dire autant que la France en un an.

Les hôpitaux de tout le pays sont débordés, les cimetières – dont le celui de Sao Paulo, le plus grand d’Amérique latine – creusent des fosses communes à la pelleteuse et surtout, la vaccination est trop lente : seul 9% de la population a reçu un moins une dose.

Le taux de vaccination chilien est exemplaire

Il faut être juste : la majorité des pays du « Cône Sud » sont en dessous ou au même niveau que le Brésil. Les exceptions remarquables sont le Chili, où plus de la moitié de la population est vaccinée, et l’Uruguay où un quart l’est aussi.

Mais la vraie différence, c’est que beaucoup de ces pays ont su imposer un strict confinement et que, donc, la vaccination débute dans une situation sanitaire bien meilleure avec une épidémie sous contrôle. Au Brésil, c’est l’inverse.

Jair Bolsonaro refuse le confinement national et menace les briser les confinements locaux avec « son armée ». Il a longtemps refusé le masque en public et a demandé aux Brésiliens « d’arrêter de chouiner » et de se « comporter en homme ».

Bolsonaro refuse toujours le confinement

Ce « arrêtez de chouinez » date du mois de mars !

Mais il faut expliquer que son refus du confinement est populaire. Les Brésiliens les plus pauvres doivent sortir pour subvenir aux besoins des leurs, le plus souvent sans contrats de travail.

Donc, lorsque Jair Bolsonaro refuse de confiner il est approuvé par ce Brésil-là. De plus, lors de la 1ère vague, Bolsonaro a distribué de l'argent à pleine main aux Brésiliens les plus pauvres. Le résultat, c’est que l’économie brésilienne s’en est plutôt bien sortie.

Le PIB brésilien a chuté de 4% en 2020, contre le double en France. Le résultat se mesure encore dans les sondages d’opinions : c’est du 40/40 : 40% des Brésiliens pensent du bien de lui, 40% en pensent du mal. Les 20% restant sont indécis.

Lula en embuscade et populaire

Pas si sûr. Il y a d’abord cette fichue deuxième  vague de Covid19 qui menace de ruiner toute cette popularité. Ensuite, il y a le retour de l’inflation et ce président qu’on appelle désormais « Bolso-caro », caro voulant dire cher en portugais.

Enfin, il y a son pire cauchemar, l’ancien président Lula, de retour en politique. Pour le moment, les deux hommes sont à égalité dans les sondages à 30% d’intention de vote. Mais Lula est une bête de meetings et il a à peine commencé à faire campagne.