EnArgentine, crêpage de chignon à 2 jours de la passation de pouvoir

Cristina Kirchner
Cristina Kirchner © Expectativa Online

Et personne ne sait si elle aura lieu ou non. On sait, bien sûr, que Mauricio Macri sera le nouveau président à minuit plus 1mn mercredi soir. On sait qu'il succédera à Cristina Kirchner. Mais on ne sait toujours où est quand se tiendra la cérémonie officielle.

Et cela fait 10 jours que cette pantalonnade dure. D'un côté vous avez le président élu Macri qui souhaite une cérémonie simple et de bon goût à la Casa Rosada, le palais de l'Elysée argentin. A priori, pourquoi résister : après tout c'est son investiture.

C'est mal connaître Cristina Kirchner. Elle veut donner le bâton de commandement et l'écharpe bicolore (bleue et blanche) à l'Assemblée nationale devant les élus de la nation. Ses arguments se tiennent : l'Assemblée, c'est le peuple représenté.

Mais en fait, la vraie raison est ailleurs : c'est un piège. A l'assemblée nationale, la moitié des députés lui sont totalement dévoués. En clair, elle arrivera et repartira ovationnée par les siens alors qu'elle donnera ses bibelots au nouveau président sous une bronca.

Elle ne veut rien arranger : elle a même écrit une lettre à tous les Argentins en expliquant que Macri lui avait mal parlé au téléphone et qu'elle avait dû lui rappeler qu'elle était encore présidente, qu'elle est une femme et veuve en plus.

Sous-entendu : ce type est un voyou ce qui, connaissant Macri, paraît invraisemblable, c’est du moins ce que disent les nombreux témoins. Et elle prend les Argentins à témoin : elle a tout fait pour mettre du sien. Par exemple, elle a fait arracher tous les parterres floraux de la résidence présidentielle pour les remplacer par des fleurs jaunes, la couleur préférée de Macri, qui fleuriront d'ici un mois. Le problème, c'est que lorsque Macri voudra sa 1ère photo officielle, il trouvera dans le parc un champ de boue, des mottes de terre retournées et quelques pissenlits jaune cocu.

Une revue de presse sera aujourd'hui consacrée à Donald Trump

Parce qu'il lui a suffi hier de déclarer que les Etats-Unis devaient interdire l'entrée des musulmans sur leur territoire pour déclencher une véritable tempête médiatique, aux Etats-Unis et dans le monde.

Campagne de Donald Trump aux USA
Campagne de Donald Trump aux USA © MaxPPP

Commençons par un USA Today presque décontenancé : « Donald Trump réussit toujours à se surpasser lui-même dans le préjudice. Avec ses déclarations sur les musulmans, il a atteint un nouveau niveau de bassesse. En fait, cet homme déteste tout ce qui ne lui ressemble pas : les noirs, les latinos, les musulmans et même les femmes ».

Le New Yorker , pour sa part, est nettement moins décontenancé : « la volonté de Donald Trump de bannir les musulmans n'a rien d'une surprise. En 6 mois, il a été plus sectaire que n'importe qu'elle autre figure politique en des décennies ».

Et le pire c'est qu'il n'y croit même pas vraiment ! Son seul but est de prendre un avantage décisif quelques semaines avant les premiers caucus dans l'Iowa. Et ça marche : il est crédité de 15 à 20 points d'avance sur les autres candidats républicains.

Mais le plus étonnant est que ces déclarations trouvent un écho jusqu'en Europe.

La Repubblica de Rome, par exemple, note le silence assourdissant du Parti républicain face à de telles déclarations qui, selon la Maison Blanche, « sont contraires à notre constitution, à nos valeurs et aux droits fondamentaux de chaque citoyen américain ».

La presse israélienne non plus n'a pas apprécié un bannissement des musulmans qui rappelle à Ha'aretz la persécution des juifs.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.