Par Béatrice Dugué

Visite douce-amère ce matin à Bucarest

Dans les pas de Palko Karasz, journaliste roumain, notamment pour leNew York Times . Palko vient de s’offrir un moment insolite, et un peu dérangeant.

Pour 11 dollars – il a découvert le Palatul Primaverii des Ceauscescu : le palais de printemps qui est ouvert au public en mars dernier. La résidence est plus modeste que la mégalomaniaque maison du Peuple : 16 kilomètres carrés de surface quand même et 30 chambres.

Nicolae Ceaucescu
Nicolae Ceaucescu ©

À l’ouverture, le gouvernement a expliqué qu’il ne voulait pas en faire un musée. D’ailleurs, il ne reçoit qu’une soixantaine de visiteurs par jour. Cela participe plutôt d’une expérience de reconstruction de la société roumaine, d’une tentative de montrer le passé avec transparence.

Dans ce lieu – resté fermé depuis 1989 – le guide raconte que les Céaucescu -- issus de familles paysannes -- se déchaussaient toujours à la porte de leur manoir pour ne pas salir les tapis. Les visiteurs sont donc priés – eux aussi -- de mettre des chaussons bleus avant de rentrer.

La visite se poursuit dans un décor parfaitement entretenu, qui oscille entre fin Renaissance et style Rococo.

Chambre après chambre, le guide détaille les bibelots luxueux, les goûts cinématographiques de Nicolae Ceaucescu – puisqu’il y a un cinéma (le dictateur raffolait des westerns et de la série Kojak). La garde robe pléthorique de Madame Ceaucescu, qui ne portait que des pyjamas d’hommes pour dormir. Les voyages à l’étranger du terrible couple, dont les souvenirs sont exposés dans la piscine intérieure désormais vide.

À la lecture du récit de Palko Karasz, on le devine mal à l’aise face la légèreté de la visite, au bout du compte.

Palko Karasz est né en Roumanie, il a été élevé en Hongrie. Et il est trop jeune pour avoir subi la dictature. Mais il a passé des vacances en Transylvanie, durant lesquelles les membres de sa famille racontaient les privations et la brutalité du régime communiste.

Dérangeant donc pour le journaliste, d’entendre parler davantage de la qualité de la porcelaine que de l’ignominie de la dictature communiste. Choix délibéré, pourtant selon l’un des officiels à l’ouverture du Manoir. La volonté est de laisser les visiteurs se faire leur opinion. Assumé également -- dans cette optique -- la jeunesse des guides. Ils n’ont qu’une vingtaine d’années et n’ont pas connu cette époque sinistre. « Pour pouvoir rester neutre dans la présentation. »

Palko Karasz remarque de toutes façons que peu de visiteurs sont gênés par le manque de contexte politique.

Cette approche presque simpliste du circuit touristique de la mémoire roumaine trouble des chercheurs roumains, que le journaliste interroge. « Personne ne vous dit qu’un quartier de Bucarest a été démoli et que des personnes sont mortes en construisant cet endroit » explique ainsi Radu Preda, président de l’Institut pour l’Investigation sur les crimes communistes et la mémoire de l’exil roumain. Il y voit une occasion manquée d’aborder la période trouble de l’histoire du pays. Comme un symbole : deux gardiens du Manoir en poste sous l’aire Ceaucescu, y travaillent toujours.

Dans la presse internationale ce matin "Netanyahu n'échappera pas à l'affaire Mimran aussi facilement..."

C'est la mise en garde formulée par le quotidien israélien Haaretz ce matin.. Elle fait référence à une conséquence inattendue d'un procès qui se déroule en France.

Arnaud Mimran jugé à Paris dans une vaste affaire d'escroquerie à la taxe carbone-- a reconnu, lors des débats, avoir donné de l'argent au premier ministre israélien en 2001 : un million de francs et pas d'euros, vient-il de préciser sur la chaîne 10, hier soir. Mais le mal est fait. Les soupçons pèsent depuis plusieurs mois. Et Netanyahu a d'abord démenti toute relation avec le golden boy israélien.

Finalement, il y a deux jours le chef de gouvernement, a reconnu avoir percu 40 000 dollars.

Les deux hommes ne parlent pas de la même somme, et pas du même compte.

"Personnel " dit Mimran, "fonds pour financer sa diplomatie publique ", explique l'avocat de Netanyahu..

"Aussi longtemps qu'il n'aura pas produit de documents bancaires, l'affaire continuera de planer au dessus de sa tête ", affirme Haaretz .

Le Times of Israël produit ce matin, la réponse du Premier ministre israélien, depuis la Russie où il est en visite. Il fustige une persécution politique sytématique, dénonce de fausses accusations.

Maariv de son côté s'interroge en substance : "comment le premier ministre peut-il continuer à travailler sereinement, alors que la polémique prend de l'ampleur dans la presse ? "

En tout cas, le Jerusalem Post indique que l'attorney général -- l'équivalent du procureur chez nous commence à s'intéresser à l'histoire et à vérifier si la loi est respectée ou non.

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