En Chine, la propagande du Parti communiste a fait sa mue avec les réseaux sociaux et les nouvelles technologies. Et ce qui était considéré comme ringard redevient à la mode...

Célébrations du 70e anniversaire de la fondation de la Chine Populaire à Guangzhou,  le 1er octobre 2019
Célébrations du 70e anniversaire de la fondation de la Chine Populaire à Guangzhou, le 1er octobre 2019 © AFP / Lu Hao / XINHUA

Dans les années 1980, la chanson « mon peuple mon pays » était une des scies avec lesquelles que le parti communiste chinois tentait de susciter des élans de patriotisme parmi la jeunesse. 

Lesquels jeunes chinois trouvaient ça plutôt ringard, comme le raconte l’un d’eux au New York Times

« Quand j'était jeune, c'était considéré comme nul de suivre la propagande du parti... Plus maintenant"

Car quarante ans plus tard , c’est la même chanson, revisitée par la star de la pop chinoise Faye Wong qui les fait chavirer.

Elle est au générique d’un film éponyme, qui cartonne actuellement au box-office chinois. « Mon peuple, mon pays » raconte la grandeur et les succès de la Chine de ces dernières décennies.. Son développement, les premiers essais nucléaires, les JO de Pékin… Une épopée sur grand écran qui a su combiner la popularité des grandes stars chinoises avec une réalisation de très bon niveau, accompagnée d’un énorme battage sur les réseaux sociaux. 

Voilà comment plus finement qu’en 1980, la jeunesse chinoise s’empare aujourd’hui de son plein gré des symboles du Parti communiste, jusqu’alors imposés à marche forcée. Pourtant peu subtil quant il s’agit de  matraquer la ligne officielle, le PC chinois semble en effet en train de faire sa mue vers l’époque d’internet, et des réseaux sociaux.  

La crise de Hong Kong n’y est pas étrangère. La jeunesse chinoise n’apprécie guère les slogans anti-chinois criés par les jeunes hongkongais, qu’ils jugent méprisants et humiliants. Beaucoup se sont mis à utiliser les réseaux sociaux pour y répondre, en se servant des symboles de cette propagande 2.0. 

Comme Azhong, un personnage de BD crée par le journal du Parti du peuple, le journal officiel du parti. Azhong est un adolescent issu d’un milieu populaire et dont tout le monde se moque qui devient en fait un brillant diplômé admiré par tous. Son personnage est ainsi utilisé par les jeunes comme emblème de leur fierté nationale. Exalter son patriotisme est donc redevenu à la mode en Chine et cela bénéficie au parti qui sait en tirer profit. 

La semaine dernière l’appli la plus téléchargée sur l’Apple store chinois était ainsi un jeu où on construit les villes du futur en appliquant justement les conseils du Parti Communiste pour la réduction de la pauvreté ou l’empreinte carbone. 

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