Après 8 ans de retard et des surcoûts faramineux, le nouvel aéroport de Berlin ouvrira le 31 octobre... en pleine pandémie.

L'aéroport de Berlin Willy Brandt
L'aéroport de Berlin Willy Brandt © AFP / PATRICK PLEUL / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP

Berlin s’apprête donc à inaugurer un aéroport flambant neuf ! Et il portera le doux nom d’aéroport Willy Brandt, l’ancien chancelier artisan d’un certain rapprochement des deux Allemagnes dans les années 70. Ce n’est pas que la capitale manquait de capacités aéroportuaires, elle en avait même presque trop :

Il y avait Tegel et Schönefeld, sans compter l’aéroport du Brandebourg et même celui déjà désaffecté de Tempelhof, en plein cœur de Berlin. Sauf qu’ils étaient tous vieux et avaient atteint leurs limites de capacité. Berlin réunifiée et embellie méritait mieux :

Ce mieux, c’est donc l’aéroport Willy Brandt, construit à une quinzaine de kms au sud de la capitale, ses 300 000 m2 de superficie, sa capacité de 40 millions de passagers et son inauguration sans tambours, ni trompettes le 31 octobre prochain.

Inauguré en catimini

Parce que cet aéroport a déjà bien failli être inauguré une 1ère fois… il y a plus de 8 ans ! Juin 2012, tout était prêt, un 1er vol Lufthansa Frankfort – Berlin avait été programmé, des billets avaient été émis et 26 jours avant l’ouverture, patatras : d’énormes problèmes de sécurité incendie ont été détectés, les escalators se sont avérés trop courts, on n’avait pas prévu assez de salles d’embarquement et cerise sur l’ApfelStrudel, personne ne savait comment éteindre les lumières !

La risée du monde entier

Des semaines plus tard ! Mais entre-temps, après des années de travaux supplémentaires, un surcoût de près de 3 milliards d’euros, le retard était tel qu’il a fallu changer tous les panneaux électroniques qui pourtant n’avaient jamais servi : tous étaient obsolètes.

C’est simple, le nouvel aéroport de Berlin était devenu la risée du monde entier et la honte des ingénieurs allemands. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’actuel directeur qui l’a expliqué il y a quelques jours à peine à la presse alors que l’on procède aux essais : des centaines d’employés et de passionnés d’aviation ont été mobilisés qui, en e moment même, jouent les passagers pressés ou en transit. Jusqu’à présent tout va bien : juste un WC qui fuit et des toilettes qui manquent de savon !

Ouvrir en pleine pandémie !

Il est maudit, je vous dis ! Les aéroports de Berlin accueillaient en 2019 100 000 passagers par jour, contre une dizaine de milliers aujourd’hui. Autrement dit, le petit nouveau perdra la bagatelle d’1 million d’euros quotidien dès le 1er jour.

Et ce, malgré le chômage partiel de centaines d’employés, le Kurzarbeit, et 300 millions d’euros payé d’avance par le contribuable pour voir venir ! Mais après cela, c’est juré, tout ira bien ! Le 1er vol sera pour la Lufthansa et le dernier, au départ de Tegel, le 8 novembre, pour Air France !