En Bolivie, Evo Morales se verrait bien président à vie

C'est en tous cas, ce qu'il ressort d'une conférence qui fait la « une » de toute la presse bolivienne et notamment du quotidien Los Tiempos . De quoi s'agit-il ? L'idée, c'est de modifier la constitution pour permettre la réélection de l'actuel président Evo Morales.

Evo Morales ne devrait pas se représenter en 2019.
Evo Morales ne devrait pas se représenter en 2019. © Reuters

Lui, il assure ne pas avoir d'opinion sur le sujet, que ce sont les « mouvements sociaux » qui ont suggéré qu'un quatrième mandat était souhaitable, voire un cinquième, voire la possibilité d'être élu indéfiniment. Il est tellement indispensable.

Il s'en remet au peuple qui sera consulté par voie référendaire. « Moi je n'ai pas peur du peuple ». Quelle modestie ! Il a d'autant moins peur qu'il contrôle les 2/3 de l'Assemblée plurinationale et l'essentiel des régions du pays. Bonne base pour un plébiscite.

Quand je pense qu'il y a quelques années, on ne tarissait pas d'éloges pour ce président aymara, ancien planteur de coca, issu du mouvement syndical, refusant de quitter son modeste appartement et ses pull-overs en laine des Andes tricotés par maman.

Et 10 ans après sa première élection, on a un dirigeant qui « cédant à la pression du peuple », envisage de rester indéfiniment au pouvoir. Certes, il a déjà fait 3 mandats, mais puisque ses amis lui disent qu'il est indispensable, pourquoi résister ?

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Une autre histoire de présidentielle, mais cette fois au Guatemala...

...Où Daniel Morin a remporté le premier tour de la présidentielle guatémaltèque avec 24% des suffrages. Enfin, Daniel Morin, pas tout à fait. Mais son alter-ego sur place : il s'appelle Jimmy Morales, il a 46 ans, et comme Daniel, il faisait rire les Guatémaltèques à la télévision.

Jusqu'à ce qu'il se rêve président, qu'il se présente aux élections et qui soit donc en passe d'être élu. Je vois les yeux de Daniel Morin qui pétillent d'envie, je vais essayer de vous donner la recette du succès politique guatémaltèque, Daniel.

D'abord, il faut des candidats douteux : en l'occurrence, Jimmy Morales était opposé à une ex-première dame du Guatemala qui a dû divorcer de son ex-président de mari pour se présenter, et à un millionnaire dont l'origine de la fortune est très douteuse.

Ensuite, il faut un président et une vice-présidente – en France ça donnerait le président et son premier ministre-, convaincus de corruption et démissionnés quelques heures avant le premier tour. Voilà comment le comique troupier de Jimmy Morales est devenu un atout.

Enfin, il faut un ras-le-bol citoyen et des manifestations dans les rues du pays contre la classe politique. C'est exactement ce qui se passe au Guatemala depuis plusieurs semaines : une mobilisation citoyenne exemplaire appelée « révolution de la dignité ».

Il va y avoir un second tour le 25 octobre et il sera finalement opposé à l'ex-première dame Sandra Torres. Maintenant, les Guatémaltèques vont regarder dans le détail qui est cet homme providentiel qui les a fait rire pendant des années.

Et ils pourraient moins rire en découvrant que son parti est soutenu par des militaires tendance nationaliste dure. Et puis, dans un pays où l’on estime que la moitié de l'argent de la politique est d'origine mafieuse, certains pourraient être tentés de fouiller un peu.

Enfin, il y a cette ex-première dame, Sandra Torre, la Carla Bruni locale si vous voulez, qui pourrait remporter la mise, Daniel. Elle a mal supporté de quitter le palais présidentiel en 2011 et elle a obtenu 19% des voix. Vous avez une Guatémaltèque sur vos talons, Daniel Morin !

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