Depuis 6 mois, les Hongkongais sont mobilisés. Le 8 décembre, ils étaient encore 800 000 à envahir les rues de l'ancienne colonie britannique.

Manifestation de 800 000 personnes à Hong Kong pour la journée mondiale des Droits de l'Homme.
Manifestation de 800 000 personnes à Hong Kong pour la journée mondiale des Droits de l'Homme. © AFP / MARINE LEBRETON / HANS LUCAS

Direction Hong Kong, où s'est tenu hier une nouvelle manifestation massive digne des grandes heures du début de ce mouvement de protestation jeune et populaire qui dure maintenant depuis 6 mois pile ! C'était le 9 juin dernier, plus d'un million de Hongkongais descendaient en masse dans les rues de l'enclave semi-autonome.

Ils réclamaient l'abrogation d'une loi d'extradition vers la Chine, et ils l'ont obtenu. Six mois plus tard, ils étaient donc hier près d'un million dans les rues pour à nouveau défier le régime chinois. La police a compté contre toute évidence 180 000 manifestants.

Les images suffisent à contredire cette mauvaise blague : la manifestation s'étendait sur plusieurs kilomètres et occupait tout l'espace disponible, rues adjacentes comprises et le cortège était si lent qu'il a fallu des heures pour le disperser.

La mobilisation ne faiblit pas... Même après six mois...

Ça rend ce mouvement exemplaire ! Pékin a tout essayé pour affaiblir le mouvement. Par exemple, en comptant sur la fatigue des commerçants, des industriels ou des financiers. Bref, en essayant de séparer ceux qui travaillent ce ceux qui manifestent.

Et c'est vrai que Hong-Kong souffre : l'économie de l'enclave est en récession et le tourisme s'est effondré. Mais rien n'y fait : sur le parcours de la manif, les commerçants soldaient en fonction du nombre de manifestants : 800 000 ?  - 20 %, 1 million ? - 30 % !

Si vous voulez avoir le sentiment de la population, il suffit de regarder le résultat des élections locales du 24 novembre dernier : 70 % de participation, un record pour des élections sans réelle importance et 17 des 18 conseils locaux remportés par l'opposition.

Pékin à court d'options ?

Jusqu'à présent, Pékin a évité une redite de Tiananmen : des chars dans les rues et des milliers de morts. Mais c'est aussi parce que, la structure même du mouvement l'en empêche : on ne tire pas sur des centaines de milliers de manifestants, même en Chine.

Alors Pékin alterne les menaces et les arrestations perlées. Un jour, un journaliste local, un autre jour, un leader étudiant... Il y aurait aujourd'hui 5 000 personnes derrière les barreaux pour participation au mouvement. Des « émeutiers », selon la police chinoise.

Surtout, la Chine joue l'épuisement du mouvement. Elle a bien attendu 156 ans avant de récupérer l'ancienne colonie britannique. Et pendant ce temps, là Xi Jinping visite Macao l'ancienne colonie portugaise voisine de Hong Kong et exemplaire – aux yeux de Pékin.

La démocratie, ce bien universel

La plupart des observateurs pensent que la Chine ne cédera plus rien. Elle a déjà accepté le retrait de la loi d'extradition qui avait déclenché le mouvement. Mais il reste 4 exigences sur 5 à satisfaire : à commencer par la relaxe de l'ensemble des prisonniers.

Les manifestants veulent aussi des enquêtes indépendantes sur les violences policières. Mais ils veulent surtout la démocratie pleine et entière. Et c'est là que ça coince. Le discours de Pékin est toujours le même : la démocratie, c'est un truc d'occidental.

Et tous les jours, dans les rues de Hongkong la rebelle, les manifestants crient l'inverse : la démocratie, un homme, une voix, c'est universel, de la Chine à l'Algérie et passant par le Soudan, le Liban, l'Irak ou même l'Iran. Et ça ne se négocie pas.  

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