D'Israël aux Emirats Arabes Unis, de l'Arabie Saoudite à l'Iran, revue de la presse moyen-orientale et israélienne au lendemain de la dénonciation par Donald Trump de l'accord nucléaire iranien. Le choc à la une.

La presse réagit-elle dans le monde entier : on commence en Israël.

Le titre de l'éditorial du quotidien de centre-gauche Ha'aretz est assez inquiet : « Trump vient tout juste de mettre Israël en danger immédiat » et le quotidien ajoute, « s'il y avait un consensus ici contre cet accord, le danger iranien n'est pas nucléaire ».

« Le plus grand danger et le plus immédiat que fait peser l'Iran sur la sécurité d'Israël se trouve en Syrie où les activités militaires iraniennes se déroulent » à quelques kilomètres des frontières israéliennes.

Le ton du très conservateur Jérusalem Post est très différent. Le titre de l'édito  est : « un allié cher vient de nous rappeler sa valeur ». « Si quiconque a oublié l'énorme et tangible valeur de la relation américano-israélienne », voilà un rappel bien utile.

Pourtant le quotidien aurait préféré que les Etats-Unis restent dans l'accord, pour une raison assez étonnante : « il donne à l'Agence internationale pour l'énergie atomique, l'AIEA, un droit d'inspection renforcé et permanent, y compris de lieux tenus secrets ».

Dans le monde arabe, qu'en dit-on ?

Le quotidien émirati Al Bayan, anti-iranien, écrit « le régime iranien est extrémiste et n'hésitera jamais à utiliser les moyens à sa disposition pour imposer son agenda régional agressif. S'emparer des moyens de l'Iran est donc un garant de stabilité et de paix ».

« L'inverse, c'est prendre le risque de conflits sans fin et de guerres. Depuis 1979, et sa révolution islamique, l'Iran a fait se succéder les intimidations et les menaces. Chaque fois qu'un problème se règle, l'Iran s'arrange pour en inventer un autre ».

Dans les pages du quotidien saoudien Asharq al-Awsat, le ton est à l'avenant : « les sanctions américaines de 2006 étaient parvenues a affecter le régime iranien qui ne pouvait plus commercer, importer et donc satisfaire les besoins de sa population ».

« Puis est venu Barack Obama et ses négociations. En échange d'un accord sur le nucléaire, l'Iran a obtenu beaucoup : la levée des sanctions économiques et ne pas intervenir directement en Syrie pour en finir avec le régime de Bashar el Assad ».

« Mieux encore, l'Iran a obtenu de fortes sommes en dollars et a pu développer son appareil militaire et continuer son expansion régionale. C'était une erreur même si, obtenir de l'Iran un accord sans tirer une balle, par la diplomatie, relève de l'exploit. »

Aujourd'hui, la leçon semble avec été retenu par l'administration Trump qui explique que « les Etats-Unis ont la capacité d'affaiblir voire même d'éliminer le régime iranien, toujours sans tirer une seule balle ». Et ce par le retour a des sanctions drastiques.

Il reste la presse iranienne

Il y a les diatribes anti américaines, comme celle publié en une du Tehran Times, un quotidien iranien en anglais : « Trump a ruiné la réputation et la crédibilité des Etats-Unis. Trump, ce magnat de l'immobilier, qui voit l'accord nucléaire comme un immeuble qu'on négocie et non comme un accord multilatéral ».

« Sa politique iranienne a été moquée dans le monde entier, et il a hérité depuis qu'il est au pouvoir d'une série de surnoms peu flatteurs : « raciste en chef », « menteur en chef », « roi du chaos », voire « saboteur en chef ». Mais le pire est qu'il pousse le monde vers l'anarchie et alimente le radicalisme.

Pour avoir une vision plus nuancée et d'ailleurs inquiète, il faut ouvrir les pages du quotidien Iran : « c'est le président Woodrow Wilson qui en 1918 et en 14 points a défini ce qui, plus tard, servira de base à l'ONU afin de faciliter la paix et l'ordre mondial ».

Aujourd'hui, c'est un autre président américain, Donald Trump, qui menace de mettre à bas un siècle d'efforts américains pour établir des mécanismes pacifiques de règlement de conflits. L'accord nucléaire iranien était de ceux-là ».

« L'incapacité de résoudre des conflits par la diplomatie est grave, surtout dans une époque où les populismes sont de véritables menaces pour les démocraties occidentales ».

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