Les Italiens utilisent d'ordinaire beaucoup plus que le reste des Européens le gel hydro-alcoolique. Au point que le nom de leur marque préférée s'est substitué au produit : Amuchina. Et l'Amuchina manque dans les pharmacies en cette période épidémique.

L'Amuchina manque à l'Italie. Ici l’emballage d’Amuchina, le principal produit italien de désinfection pour les mains
L'Amuchina manque à l'Italie. Ici l’emballage d’Amuchina, le principal produit italien de désinfection pour les mains © Getty / The Washington Post / Contributeur

Direction l'Italie, où un produit est devenu le symbole de l'épidémie en cours. Et ce produit s'appelle « Amuchina ». Pourtant nous le connaissons tous et, tous les jours, en ces temps d'épidémie de Covid-19, nous nous en tartinons les mains toute la journée.

Ce produit, c'est le gel hydro-alcoolique. Seulement, en Italie, la marque qui produit cette lotion toute bête est si célèbre, Amuchina, que son nom s'est substitué au nom du produit. On dit donc en Italie : « un flacon d'Amuchina, s'il vous plait ? ».

Sauf qu'évidemment, en Italie comme dans le reste de l'Europe, l'Amuchina manque absolument partout. Voilà un produit qui s'écoulait à raison de 5000 flacons par jour, alors qu'il faudrait en produire 200 000 pour répondre à la demande : 

Une demande impossible à satisfaire

Ils ont tout essayé : produire 24h sur 24, embaucher à la va-vite des intérimaires, mobiliser une ligne de production suisse : ils n'arrivent pas à produire plus de 40 000 flacons par jour. Et ce en modifiant le traditionnel packaging :  

Parce qu'en plus du produit, il faut fournir les bouteilles et les capuchons. Là ce sont les sous-traitants qui n'ont pas pu suivre. Les capuchons « coronavirus » sont blancs et non plus rouges, comme de tout temps. Ensuite l'entreprise fait face à un problème inédit :

Sa notoriété la rend vulnérable. Les Italiens utilisent beaucoup l'Amuchina. il y a par exemple une version « beauté » qui adoucit la peau en même temps qu'elle désinfecte ou une version alimentaire : une dose dans l'eau pour rincer et désinfecter les légumes.

Une entreprise trop célèbre pour ne pas être parodiée

D'abord, le standard explose : les Italiens appellent directement l'usine pour se procurer la précieuse Amuchina. Un homme s'est même déplacé pour quémander à la porte de l'entreprise quelques flacons en expliquant qu'il avait trois enfants.

Ensuite, il y a les réseaux sociaux : les Italiens partagent les endroits approvisionnés avec le #Amuchina. Les 1ères parodies sont apparues : une conseille d'apporter à dîner un flacon d'Amuchina plutôt qu'une bouteille de vin. Ça fait tellement plus plaisir.

Et puis, il y a la chanson de l'Amuchina qui fait un tabac sur internet :  je vous traduis ? « Je me suis acheté de l'Amuchina, le virus, ciao, ciao, ciao, mais avec l'Amuchina, me voilà endetté, elle coûte le prix d'un IPhone ».

L'entreprise et les pharmaciens mettent pourtant un point d'honneur à vendre l'Amuchina au même prix. Evidemment, des petits malins ont bien essayé sur Internet de proposer la lotion pour une centaine d'euros. Ça n'a pas duré longtemps.

Mais je tenais je tenais à vous raconter cette histoire, c'est pour mettre un peu de sourire à l'italienne ce matin. On l'a vu dans le journal, tout le nord du pays est en quarantaine : 15 à 16 millions d'Italiens sont quasiment confinés chez eux.

Ce qui ne les empêche pas – et c'est heureux – d'en rire, le théâtre et le « Comedia dell'Arte » ne sont pas nés pour rien en Italie. Au fait, il parait que depuis quelques jours, les dealers de drogue en Italie vendent plus d'Amuchina que de stupéfiants !

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