Il reste 2 mois et demi jusqu'au 20 janvier 2021 et l'intronisation de Joe Biden. Assez de temps pour que Donald Trump puisse encore intervenir à l'extérieur comme à l'intérieur. Revue de détails.

Donald Trump, 45ème président des Etat-Unis
Donald Trump, 45ème président des Etat-Unis © Getty / Oliver Contreras/For The Washington Post

Ce matin, se pose une question plutôt inquiétante : il reste exactement 72 entre aujourd’hui et le 20 janvier 2021, date officielle de l’intronisation du nouveau président des États-Unis : quel mal peut encore faire Donald Trump ?

D’abord, il peut se venger en virant à tour-de-bras. Il a déjà expliqué qu’il le ferait pour le Dr. Anthony Fauci. L’immunologiste en chef du pays n’a cessé de le contredire sur l’épidémie de Covid-19. Il est convaincu qu’il lui doit d’avoir perdu la présidence.

Sauf qu’il suffit au Dr Fauci, comme à n’importe quel autre haut-fonctionnaire, de contester ce licenciement devant la justice pour gagner du temps. Joe Biden aura alors tout le loisir de révoquer cet oukase présidentiel. Mais y a aussi le bouton atomique…

Théoriquement, le président des États-Unis, même en période de transition, peut décider seul de la paix et de la guerre. Mais les militaires et même ses ministres peuvent refuser d’obéir un ordre qu’ils jugent illégal et le rendre public.

Restent les opérations secrètes : attaques de drones, assassinats ciblés ou même opérations spéciales. Donald Trump peut en décider à discrétion histoire de créer des faits accomplis sur le terrain qui gêneraient les premiers pas de son successeur démocrate.

Il y aussi les grâces présidentielles. Pour le coup, on est à peu près certain qu’il va en user et même en abuser. D’abord, d’autres président avant lui l’on fait. Par exemple Bill Clinton qui, le dernier jour de sa présidence a émis 176 grâces présidentielles, dont son propre frère.

Sans oublier les petites dégradations mesquines à l’attention de Georges W. Bush, comme enlever tous les « w » des claviers d’ordinateurs. Or Trump a beaucoup à pardonner, à commencer par tous ceux qui ont menti pour lui. Mais il y a plus retors : Donald Trump a toujours expliqué qu’il pouvait même se gracier lui-même. On sait que plusieurs enquêtes judiciaires l’attendent à l’issue de son immunité présidentielle, c’est donc très tentant. Sauf que cela n’a jamais été testé, notamment devant les tribunaux.

Il y a donc une autre solution : Donald Trump pourrait démissionner quelques jours avant la fin de son mandat. Mike Pence deviendrait alors président des États-Unis et pourrait alors gracier son prédécesseur en toute légalité.

Ça aurait d’autres avantages : Donald Trump n’aurait pas à assister à l’intronisation de Joe Biden, ni à l’accueillir à la Maison-Blanche. Enfin, cela ferait mentir tous ces titres de presse revanchards : Biden ne serait pas le 46e mais le 47e président des États-Unis.

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