Pour financer son programme militaire, dont on calcule qu'il engloutit un quart du budget national, record mondial, Pyongyang utilise tous les moyens à sa disposition.

Le régime met notamment à contribution ses ambassades. Elles sont une quarantaine dans le monde. Celle de Bulgarie, par exemple, loue une de ses dépendances pour des mariages ou des fêtes, et ce plusieurs fois par semaine. C'est très cool de louer une ambassade : la police ne peut pas intervenir !

A l'adresse de celle de Pologne, plus d'une quarantaine d'entreprises sont inscrites, dont une entreprise pharmaceutique, plusieurs agences publicitaires et un yacht club. Celle de Norvège c'était lancé dans le commerce de l'alcool et des cigarettes. Les sanctions internationales s'appliquent à ce commerce, mais c'est très compliqué d'en venir à bout. Les ambassades sont des petits bouts du territoire qu'elles représentent en terre étrangère. Autrement dit, faire intervenir la police constitue une invasion, un peu comme si vous passiez la frontière nord-coréenne.

Par exemple, Berlin a toutes les difficultés du monde à faire fermer une auberge de jeunesse installée dans une des dépendances de l'ambassade de Corée du Nord en Allemagne. C'est une des moins chères de la capitale allemande. Impossible de déloger cette auberge avant la fin de son bail. Il faudrait l'accord de la Corée du Nord, ce qui est virtuellement impossible. Les locataires ont encore de belles années devant eux, protégés par un immense drapeau nord coréen.

C'est par les ambassades que passent les trafics d'armes. En 2014, une entreprise détenue par un diplomate nord-coréen installé en Chine a vendu des radars et des missiles sol-air au Mozambique.. et des machines-outils. Il a même un site internet !

On peut tout se procurer par le biais de ces drôles de diplomates. On raconte qu'en Inde, l'ambassade de Pyongyang à Delhi avait installé un abattoir dans ses caves pour fournir du bœuf premier choix. Il suffisait la nuit de frapper trois coups à l'arrière du bâtiment.

En Catalogne, les indépendantistes ont un moyen de propagande original : les tracteurs !

Des files entières de tracteurs qui accompagnent toutes les manifestations pour l'indépendance de la Catalogne et qui sont devenus presque aussi populaires que le drapeau catalan, la Señera. Ces files ont même un nom : les tractoradas.

En fait, ça vient de loin : comme la France, la Catalogne est très attachée à son identité paysanne. Les Catalans sont fiers d'expliquer que chez eux aussi, on trouve plus de 300 fromages et l'une des secteurs les plus emblématiques de leur région est la viticulture.

Donc si vous voyez des files de tracteurs qui bloquent des routes d'accès ou des avenues de Barcelone, Lerida ou Girona, ne vous étonnez pas : ces tractoradas manifestent pour l'indépendance et pas contre Bruxelles !

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