Il s'appelle Mohammadu Buhari, il a 75 ans et a fait savoir, avant de s'envoler pour Londres, qu'il briguerait un second mandat en 2019. Le problème n'est même pas son âge. Après tout, l'actuel président tunisien Beji Caid Essebsi a 91 ans.

Le problème n'est même pas son bilan économique et social, assez pauvre d'ailleurs, même si la remontée des cours du pétrole redonne un peu d'air à l'Etat nigérian. Non, le problème est que c'est un président par intermittence, tellement il est malade.

En 2017, il a quasiment disparu quatre mois entier de la circulation : il était à Londres pour se faire soigner et personne ne sait dans le pays pour quelle maladie ! Hier, il est de nouveau parti à Londres sans donner de date de retour. Bref, il s'accroche au pouvoir, alors même que son pays est particulièrement jeune !

La moitié des 190 millions de Nigérians a moins de 15 ans et le pays a à sa tête un vieillard malade et parfois impotent. C'est aussi le cas de l'Algérie, dont le tiers de la population a moins de 15 ans et dont le président ne peut ni se lever, ni parler.

Pas plus tard qu'hier, Adbelaziz Bouteflika, 81 ans, qui a été victime d'un AVC en 2013 et qui ne se déplace plus qu'en fauteuil, a effectué sa première sortie publique depuis 2016 pour inaugurer une nouvelle station de métro à Alger.

Figurez-vous que son parti, le FLN, l'a exhorté, il y a quelques jours, « à poursuivre sa mission à la tête du pays ». En clair, ce qui n'était qu'une blague en Algérie est en train de se concrétiser : un cinquième mandat pour un président moribond. 

Une demande presque cruelle, comme le relèvent beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux rassemblés sous le #Laissez-le-se-reposer. C'est la clique militaro-politique au pouvoir qui refuse de lâcher et n'a aucune aucune solution à proposer qui préfère le ridicule à la relégation.

Il y a plus gênant : l'ex président Mugabe du Zimbabwe, 94 ans, a été écarté du pouvoir il y a quatre mois. Sauf que lui et son épouse vivent encore au palais présidentiel. Impossible de les faire partir : ils refusent de rendre les clés. Ils squattent en clair !

Pâques en Egypte

La fête copte a lieu une semaine après notre lundi de Pâques. Mais comment fêter Pâques - une fête éminemment chrétienne - lorsqu'on est musulman dans un pays où les Chrétiens coptes ne représentent que 10 à 15% de la population ? En fait, il faut trouver le bon ouléma!

Ça tombe, j'en ai un sous la main : un professeur de droit islamique de l'université d'Al Azhar qui relève que Pâques est cité dans le Coran puisque c'est le jour choisi par le prophète Moussa, alias Moïse, pour réunir les siens au bord du Nil.

En plus, ajoute Ahmed Karima, c'est à peine chrétien cette affaire : les anciens Egyptiens fêtaient eux-aussi le retour du printemps au moins 2700 ans avant J.C. Donc, pas de problème : Pâques est trois fois égyptien. Vous pouvez partir à la chasse au œufs 

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