Jamais depuis 130 ans un président américain n'aura autant appliqué la peine de mort. Quelques semaines avant la fin de son mandat, il accélère même ce sinistre mouvement.

Donald Trump, le 8 décembre 2020
Donald Trump, le 8 décembre 2020 © AFP / TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Tout a commencé en juillet 2019 : le ministre de la Justice étasunien, William Barr, annonçait une reprise surprise des exécutions au niveau fédéral. Il mettait fin à 17 années de moratoire sur la peine de mort au niveau fédéral. George Bush et Barack Obama ont en effet utilisé leurs pouvoirs présidentiels pour commuer l’ensemble des cas qui leur était présenté en peine de prison à vie.

Depuis cette date, huit condamnés fédéraux ont été exécutés. Pire : le 19 novembre dernier, la mise à mort d’un homme, Cordia Hall, a signé la première exécution fédérale en plus d’un siècle d’un président en fin de mandat.

En fait, la tradition voulait que les présidents sortants, lorsqu’ils abandonnent la Maison-Blanche à une nouvelle administration, s’abstiennent d’exécuter, laissant à leur successeur le soin d’approuver, de gracier ou de commuer une peine de mort.

Donald Trump a balayé tout ça : le seul moyen d’arrêter des exécutions, explique-t-il, est d’abolir la peine de mort. Mais lorsqu’on laisse un jury la prononcer, l’exécutif doit s’exécuter. Sinon, c’est de l’hypocrisie. Sauf que cette fois, c’est un massacre.

Se dépêcher d'exécuter avant  le 20 janvier

Il reste cinq condamnés à exécuter avant le 20 janvier, date de la prise de fonction de Joe Biden. Treize personnes pourraient donc être victimes de cette folie meurtrière.

Jamais aucun président des États-Unis n’aura autant exécuté que lui en 130 ans ! A lui tout seul, Il aura approuvé l’exécution du quart des prisonniers dans le couloir de la mort.

La pandémie de Covid-19 n’a réussi à le perturber que pour quelques jours ! Lisa Montgomery devait être exécutée hier 8 décembre. Ses deux avocats ayant été testés positifs à la Covid, son exécution n’a été repoussée qu’au 31 décembre.

Et l’heure n’est même plus aux sinistres calculs politiques. Jusqu’à l’élection, Donald Trump avait fait exécuter autant de Noirs que de Blancs, histoire de ne pas être accusé de racisme. Cette fois-ci, 4 des 5 prochains "exécutables" sont Noirs.

Joe Biden veut commuer toutes les peines de mort

Joe Biden a d’ores et déjà expliqué que, lui président, ne signerait aucune exécution et qu’il chercherait même à faire abolir la peine de mort tout court. C’est nouveau pour lui ! Il avait auparavant voté une loi qui en élargissait l’application : il est au nombre des sénateurs démocrates qui ont approuvé le recours à la peine de mort pour une soixantaine de nouveaux crimes, dont les enlèvements et le vol de voiture lorsqu’ils conduisent à la mort d’une victime.

C’est en résumé tout Biden : un politique sans véritable conviction mais brillant et madré et qui sait tourner, comme une girouette, avec le vent de l’Histoire.