Direction la Colombie, dans une ville entièrement dirigée par des femmes

C'est Girl Power à Zapatoca ! Vous ne connaissez pas Zapatoca ? C'est à environ 130 km au sud de Bucaramanga, au nord de la Colombie, pas très loin de la frontière vénézuélienne. Mais l'important est ailleurs.

L'important, c'est que jusqu'à l'élection il y a quelques mois de la première femme maire de cette ville de 9 000 habitants, Zapatoca avait plutôt la réputation d'être un des endroits les plus machisto-conservateur de Colombie.

C'est simple, Zapatoca était fière jusqu'à présent d'avoir donné à l'Eglise catholique 100 prêtres et 500 nonnes. Donc lorsque Diana Gisela Prada a été élue à la mairie et pas consacrée à l'Eglise, c'est une petite révolution qui s'est emparée de la ville. D'autant que ce n'est pas la seule : la maire a décidé de ne nommer que des femmes dans son équipe. Pourquoi s'embêter avec cette histoire compliquée de parité que même en France on ne parvient jamais à respecter au gouvernement ? A Zapatoca, tous les conseillers municipaux sont donc désormais des conseillères !

Cheffe de l'administration, de la planification, des impôts locaux, du développement social, de la famille, de la police municipale, du budget... Des femmes et uniquement des femmes : Girl Power je vous disais !

Il fallait aussi marquer le coup, parce que sur les 633 femmes candidates à diriger une mairie colombienne, seule une centaine A été élues. 133 exactement pour plus d'un millier de communes. Trop peu, d'où la révolte de Zapatoca.

Les premières mesures prises par la maire et les conseillères municipales de Zapatoca ont été de... changer les rideaux et de fleurir les rues et les places de la ville. Et aussi d'améliorer l'accueil du public à la mairie

Autrement dit, plutôt que de changer, je ne sais pas moi, les priorités budgétaires, s'attaquer à la corruption ou envisager de nouveaux équipements, les dirigeantes de Zapatoca ont choisi de faire de la déco.

Elles se sont caricaturées toutes seules, elles ont plongé la tête la première dans les stéréotypes les plus éculées sur les femmes et leur rôle en société. Morale : il y a toujours une place dans l'enfer de Zapatoca pour les femmes qui n'aident pas les femmes.

Des femmes, encore et toujours à la une de la presse ce matin

Avec bien sûr la défaite d'Hillary Clinton dans le New Hampshire. A commencer par le New York Times qui s'en prend à l'un de ses arguments de campagne : être une femme en politique, c'est par nature une position d'outsider tant les discriminations sont fortes. « Se focaliser comme elle le fait sur sa féminité et expliquer au femmes en particulier qu'elle gouvernerait autrement parce qu'elle est une femme est l'antithèse même du féminisme qui prend fait et cause pour l'égalité, l'indépendance et la liberté ».

Pour le Washington Post , c'est pire encore :

« Clinton et Madeleine Albright ne comprennent rien aux femmes d'aujourd'hui ». Elles les imaginent folâtrant avec les garçons et préférant Bernie Sanders pour président à l'une de leurs congénères.

Une sorte de trahison pour la vieille garde du féminisme américain soulignée aussi par le Boston Globe : « les jeunes femmes progressistes sont accusées de tous les maux dans cette campagne, voire insultées par la génération précédente ». Et c'est justement une de ces jeunes femmes qui prend la plume pour exiger de ses ainées, Hillary Clinton en tête, « de nous respecter et de nous parler comme elles le feraient à leurs filles éduquées et engagées qu'elles ont si bien élevé ».

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