Entre le candidat qui a pris de la cocaïne "à plusieurs occasions" et celui qui a cru entendre Merkel lui parler de négociations, la course au leadership conservateur en Grande-Bretagne prend des allures de jeu de massacre.

Direction la Grande-Bretagne où les Conservateurs multiplient les gaffes. C'est même un véritable festival ! Au point que les quotidiens britanniques peinent à tenir les comptes-rendus ! Je rappelle que Theresa May est donc démissionnaire et qu'il faut rapidement lui choisir un successeur au sein des Tories, le Parti conservateur.

Il y a une bonne dizaine de candidats qui, à la fin, devront être départagé par 100 000 militants. Sauf si, évidemment, un nom d'impose et qu'il ne reste que celui-là. Auquel cas, c'est direct au 10 Downing Street. Tout plutôt que d'aller aux élections.

Depuis une semaine, c'est un festival d'attaques, de coups-bas, d'accusations enrobées dans un sourire d'une hypocrisie... toute torie ! Mais commençons par celui que certains conservateurs appellent « le traître » : Michael Gove, et son faux-air de Mr Bean..

Le tombeur de Boris Johnson (en 2016)

En 2016, lors de la précédente désignation qui a abouti au choix de Theresa May, il a torpillé les chances de Boris Johnson, d'où ce surnom. Michael Gove se représente et a commencé sa campagne en avouant qu'à plusieurs occasions il avait pris de la cocaïne.

Il faut dire qu'un livre à paraître le dévoilait. Mais la question n'est pas ce qu'il s'est mis dans le pif, la vraie question c'est : pourra-t-il voyager aux Etats-Unis, puisque la question lui a déjà été posée sur le formulaire des douanes et qu'il y a répondu « non » ?

Mais surtout, il a signé en 1999 une colonne dans le Times pour expliquer qu'il était contre la dépénalisation de l'usage de toutes les drogues, s'en prenant aux bobos mangeurs de légumes équitables la semaine, consommateur de cocaïne le weekend.

Onze candidats en quête de pouvoir

Au rythme palpitant auquel les gaffes succèdent aux bourdes, on ne sait plus très bien. Il y a, par exemple, Jeremy Hunt qui s'est fourvoyé la semaine dernière en expliquant qu'il fallait être plus sévère sur l'avortement. Qu'allait-il faire dans cette galère !  

Il en a rajouté une couche en rapportant une conversation avec Angela Merkel, en marge des commémorations du Débarquement, qui lui aurait dit « que l'Union européenne était prête à négocier un nouvel accord » en contradiction avec la position officielle de l'UE.

Or ce n'est pas du tout ce qu'a dit la chancelière : elle lui a en fait dit un truc d'une banalité à pleurer : « nous sommes prêts à négocier si la Grande-Bretagne est en mesure de le faire ». Jeremy Hunt n'a donc pas tout compris, et surtout qu'il faut savoir se taire.

Gaffes, bourdes et hypocrisie

Il y a aussi Dominic Raab, ministre du Brexit, qui avait expliqué il y a quelques mois qu'il n'avait toujours pas compris l'importance commerciale de la route Douvres – Calais. C'est embêtant parce que 2,5 millions de poids lourds qui la prennent tous les ans.

Il y a aussi Andrea Leadsom qui en 2016 avait elle-même coulé sa campagne en expliquant qu'elle pensait être meilleure Première ministre que Theresa May parce que, elle, avait des enfants et qu'elle savait donc résister sous la pression. Charmant !  

Mais il y évidemment le vainqueur toute catégorie : Boris Johnson, dit « la touffe » blonde, qui menace l'Union européenne de ne pas payer la facture de 50 milliards d'euros. Pour ne rien arranger, il a reçu le soutien de Donald Trump. Et le film ne fait que commencer. Son titre ? « le niais, la brute et le truand ».

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