Une loi censure désormais en Iran "l'indécence en ligne". Et pendant le confinement, le régime s'en est donné à coeur joie.

En Iran, la censure de contenus sur Instagram est désormais appliquée par les autorités
En Iran, la censure de contenus sur Instagram est désormais appliquée par les autorités © Getty / SOPA Images

Direction l'Iran où le régime surveille de plus en plus les réseaux sociaux. C'est une des conséquences du confinement de la population, en Iran comme ailleurs : la presse écrite a été plus ou moins désertée par ses lecteurs qui se sont réfugiés en masse vers les réseaux sociaux. Avec une touche iranienne en plus. 

En Iran, les médias traditionnels sont lourdement censurés à l'ancienne, avec une administration dédiée et un jeu du chat et de la souris qui n'a guère changé depuis l'avénement de la république islamique en 1979.

Les réseaux sociaux, eux, sont le domaine de la jeunesse – plus de la moitié de la population – et les censeurs sont démunis devant, par exemple, les 63 millions de comptes Instagram recensés en Iran : c'est trop pour quelques barbus irascibles.

Instagram en vedette

Oui... mais ça reste l'Iran ! L'administration réagit a postériori contre « l'indécence en ligne ». Il y a désormais une loi qui s'en prend aux femmes sans voiles, aux garçons « vicieux »...

C'est-à-dire a ceux qui embrasseraient leur petite amie et le posteraient sur Instagam. J'évoque Instagram parce que c'est le réseau social le plus populaire et celui que le régime a su le moins censurer.

Or, ces trois derniers mois, le réseau social a vu sa fréquentation augmenter d'un tiers. Certains des comptes les plus populaires ont parfois connu des hausses vertigineuses : plus 400% ! Surtout, se sont les femmes qui se sont emparées de cet outil.

Arrestations en série

Les ONG en charge des Droits humains parlent de 250 arrestations ces dernières semaines pour avoir posté des photos sans voile ou en train de pratiquer un sport.

La semaine dernière seulement, une demi-douzaine d'internautes dans tout l'Iran ont été arrêtés. Cinq dans le sud de l'Iran pour avoir osé publier les photos du mariage d'un jeune couple.

Plusieurs encore, le 3 juin, dans la ville de Mashhad pour « vulgarité » en ligne. En mai, Alireza Japalaghy, un champion de Parkour, sport extrême, a été lui aussi arrêté pour avoir embrassé et photographié sa compagne sur les hauteurs d'un immeuble à l'aube.

Le régime surveille et censure

Pour cette raison-là justement ! Le régime iranien a donné l'impression – et ce n'est pas qu'une impression – de perdre pied pendant cette épidémie. L'Iran a été, après la Chine le 2e foyer de l'épidémie. Quelques semaines avant l'Italie.

Toutes les failles du régime sont apparues béantes : le déni, le complotisme maladif et, bien sûr, la crise. Donc, s'en prendre aux internautes iraniens, dans leur intimité, c'est dire : l'Etat surveille toujours, partout, et n'a rien perdu de sa brutalité.

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