Ce n'est pas une idée très originale : il y a des travaux universitaires qui ont étudié les regroupements de pays par langue ou par intérêts géopolitique bien compris. On a pu écrire que la victoire russe de 2008 n'était pas étrangère aux prix du gaz....

Je m'explique : un certain nombre de pays de l'Est, on le sait, sont très dépendant du gaz russe. Or cette année là, le gaz coûtait très cher sur le marché et en plus, les Russes jouaient du gazoduc et menaçaient d'augmenter les prix.

Certains pays auraient pu vouloir faire plaisir aux Russes et à Gazprom à peu de frais. Surtout en sachant combien les Russes sont fans de ce show. Mais vous allez voir, la géopolitique est partout chez elle à l'Eurovision.

Relance : pour beaucoup de pays, c'est effectivement une bonne occasion de faire de la politique...

Et depuis toujours : en 1969, l'Espagne de Franco obtient finalement le droit d'organiser le concours sur son sol. De fureur l'Autriche se retire. Et pour ne pas laisser l'Espagne gagner le concours, pour la 1ère fois, 4 pays, dont la France ont terminé 1er ex-aequo !

Plus près de nous en 2015, l'Arménie impose la chanson du groupe Généalogie avec des Arméniens de la diaspora et des paroles qui tournent autour du déni, de l'oubli... Pile un siècle après le génocide de 1915. La Turquie en tremble encore de colère.

En 2009, un an après la guerre éclair qui l'a opposé à la Russie, la Georgie tente le coup et propose une chanson dont le refrain dit : « we don't wanna put in ». Le jeu de mot est tellement transparent entre « put in » et « Poutine » que le pays est disqualifié.

Relance : et puis il y a la domination suédoise...

C'est sûr que si l'Eurovision était un parfait reflet des équilibres mondiaux, la Suède serait la superpuissance dominante. On chanterait du Abba à longueur de journée, on passerait nos weekend chez Ikea et nos super-héros de cinéma s'appellerait Thor ou Loki.

Euh... Mais ce n'est pas déjà la cas ? La Suède a remporté 6 fois l'Eurovision et a été placé tellement de fois dans le top 10 voire le top 5 que j'ai renoncé à compter. C'est simple : en 2017, un quart des chansons avaient quelque chose de Suédois.

Soit le compositeur, soit le musicien, soit le parolier : tous veulent un peu de magie suédoise dans leur tube. En 2011, la chanson vainqueur, l'Azerbaïdjan, a été écrite par un Suédois : Thomas Gison, qui en tout a écrit 69 chansons pour 12 pays différents.

Relance : vous oubliez l'internationale gay, l'Eurovision c'est très gay friendly...

Je n'oublie pas, bien au contraire. Et ça dure depuis quasi les débuts. En 1961, le chanteur Jean-Claude Pascal interprétait pour le Luxembourg Nous les amoureux, la 1ère chanson clairement gay et militante en plus.

En 1998, il y a exactement 20 ans, Dana international est la première transsexuelle à remporter le concours et surtout à briser le tabou. En 2013, la Turquie refuse de retransmettre le concours à cause d'un baiser lesbien.

Je ne vous parle même pas du triomphe en 2014, de l'Autrichienne à barbe Conchita Wurst. Il y a une europe LGBT qui pèse tant sur les votes finaux que sur les choix nationaux et qui rend difficile une future victoire russe, a cause de leurs lois antigays.

Ce n'est pas une idée très originale : il y a des travaux universitaires qui ont étudié les regroupements de pays par langue ou par intérêts géopolitique bien compris. On a pu écrire que la victoire russe de 2008 n'était pas étrangère aux prix du gaz.

Je m'explique : un certain nombre de pays de l'Est, on le sait, sont très dépendant du gaz russe. Or cette année là, le gaz coûtait très cher sur le marché et en plus, les Russes jouaient du gazoduc et menaçaient d'augmenter les prix.

Certains pays auraient pu vouloir faire plaisir aux Russes et à Gazprom à peu de frais. Surtout en sachant combien les Russes sont fans de ce show. Mais vous allez voir, la géopolitique est partout chez elle à l'Eurovision.

Relance : pour beaucoup de pays, c'est effectivement une bonne occasion de faire de la politique...

Et depuis toujours : en 1969, l'Espagne de Franco obtient finalement le droit d'organiser le concours sur son sol. De fureur l'Autriche se retire. Et pour ne pas laisser l'Espagne gagner le concours, pour la 1ère fois, 4 pays, dont la France ont terminé 1er ex-aequo !

Plus près de nous en 2015, l'Arménie impose la chanson du groupe Généalogie avec des Arméniens de la diaspora et des paroles qui tournent autour du déni, de l'oubli... Pile un siècle après le génocide de 1915. La Turquie en tremble encore de colère.

En 2009, un an après la guerre éclair qui l'a opposé à la Russie, la Georgie tente le coup et propose une chanson dont le refrain dit : « we don't wanna put in ». Le jeu de mot est tellement transparent entre « put in » et « Poutine » que le pays est disqualifié.

Relance : et puis il y a la domination suédoise...

C'est sûr que si l'Eurovision était un parfait reflet des équilibres mondiaux, la Suède serait la superpuissance dominante. On chanterait du Abba à longueur de journée, on passerait nos weekend chez Ikea et nos super-héros de cinéma s'appellerait Thor ou Loki.

Euh... Mais ce n'est pas déjà la cas ? La Suède a remporté 6 fois l'Eurovision et a été placé tellement de fois dans le top 10 voire le top 5 que j'ai renoncé à compter. C'est simple : en 2017, un quart des chansons avaient quelque chose de Suédois.

Soit le compositeur, soit le musicien, soit le parolier : tous veulent un peu de magie suédoise dans leur tube. En 2011, la chanson vainqueur, l'Azerbaïdjan, a été écrite par un Suédois : Thomas Gison, qui en tout a écrit 69 chansons pour 12 pays différents.

Relance : vous oubliez l'internationale gay, l'Eurovision c'est très gay friendly...

Je n'oublie pas, bien au contraire. Et ça dure depuis quasi les débuts. En 1961, le chanteur Jean-Claude Pascal interprétait pour le Luxembourg Nous les amoureux, la 1ère chanson clairement gay et militante en plus.

En 1998, il y a exactement 20 ans, Dana international est la première transsexuelle à remporter le concours et surtout à briser le tabou. En 2013, la Turquie refuse de retransmettre le concours à cause d'un baiser lesbien.

Je ne vous parle même pas du triomphe en 2014, de l'Autrichienne à barbe Conchita Wurst. Il y a une europe LGBT qui pèse tant sur les votes finaux que sur les choix nationaux et qui rend difficile une future victoire russe, a cause de leurs lois antigays.

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