En 2013, les Japonais avaient budgété 12 milliards de dollars pour leur Jeux olympiques d'été de 2020. A deux ans de l'échéance, la facture enfle, enfle, enfle jusqu'à atteindre... 25 milliards de dollars.

Le village olympique actuellement en construction à Tokyo pour les J.O. d'été en 2020
Le village olympique actuellement en construction à Tokyo pour les J.O. d'été en 2020 © Getty / Michael Heiman

Au Japon où l'inquiétude monte à deux ans des JO. Pourtant, du strict point de vue de l'avancement des travaux... Tout va bien ! Le Japon n'est ni le Brésil, ni la Grèce et un plan est un plan : les chantiers sont tous impeccablement à l'heure. Pas de retard, pas de drames, pas de discussions à ce sujet.

C'est si vrai que la chanson officielle de la Compétition est déjà composée et pour plus de frugalité, on a décidé là-bas de reprendre l'hymne des JO de 1964, eux-aussi japonais, et de simplement la mettre au goût du jour. 

Il y a juste une petite particularité : cette chanson ne fait pas que se fredonner, elle se danse aussi. Un peu à l'image de Gangnam Style du chanteur coréen Psy. Ne vous inquiétez pas les pas et les gestes sont tous dans la vidéo qui fait aussi office de tuto.

L'argent, toujours l'argent 

En fait, le problème est pécuniaire. L'équivalent japonais de notre Cour des comptes vient justement de les faire, les comptes. Ils sont assez terrifiants. En 2013, lorsque Tokyo a remporté la mise, les JO devaient coûter une douzaine de milliards de dollars.

Très loin des 51 milliards qu'ont coûté les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi de 2014 et des 41 milliards de dollars dépensés par la Chine pour les JO d'été de 2008. Une folie qui, notamment, a refroidi beaucoup de villes potentiellement organisatrices.

Du coup, l'estimation des comptables de la nation en début de semaine a fait l'effet d'une bombe : au final, les Jeux Olympiques d'été de 2020 devraient coûter la bagatelle de 25 milliards de dollars ! C'est-à-dire plus du double du budget de départ !

Les coûts explosent, les contribuables épongeront

Il s'est passé la sincérité des comptes : la ville de Tokyo a dû ajouter 7,2 milliards de dollars pour, comme il est joliment dit dans le rapport « des projets directement ou indirectement liés aux jeux ». Même topo pour le gouvernement : 7 milliards en plus !

Et le pire est à la fin du rapport : à la ligne « recette supplémentaire » pour couvrir ces dépenses, on trouve le contribuable japonais à hauteur de 80% des sommes engagées. Et le pire, c'est que Tokyo n'est même pas à l'abri des fameux éléphants blancs olympiques.

C'est-à-dire des installations somptuaires mais qui ne serviront qu'une fois et ensuite, plus jamais. Comme la ville de Pyongyang, en Corée du Sud, qui se demande déjà quoi faire de pas mal d'équipements. Ou Rio, dont le stade olympique est à l'abandon.

Evidemment, un tel dérapage n'augure rien de bon pour les JO suivant, c'est-à-dire ceux de Paris. Parce qu'on pouvait reprocher au Brésil son désordre et son impréparation, mais pas au Japon. Je vous laisse imaginer les sueurs froides des organisateurs parisiens.

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