L'histoire du jour nous emmène en Grande-Bretagne, où un groupe d'Européens a décidé d'entrer à sa manière dans le débat sur le Brexit...

Eh oui, parce qu'à 100j exactement – ou 11 semaines si vous voulez – du référendum du 23 juin sur l'Union européenne, ça commence sérieusement à sentir le roussi pour les partisans du oui ! Les derniers sondages les donnent à 50/50 !

Ils faut dire que les cafouillages de David Cameron suite aux Panama Papers, n'ont rien arrangé. La dynamique semble du côté du non. Comme le dit Katrin Lock, une allemande installée à Londres depuis 11 ans : « on ne parle ici que de la taille des concombres ».

Sous-entendu : on ne parle en Grande-Bretagne que de ces normes européennes ridicules. Il fallait faire quelque chose et Katrin, entre autre, a décidé de lancer sur Internet et les réseaux sociaux une campagne d'amour appelée « Hug a Brit ».

Ce qui signifie « embrassez un Britannique »... Concrètement ça donne quoi ?

C'est simple comme un câlin : il suffit de choper un Britannique, quel qu'il soit, dans la rue, au travail, partout. Vous l'enlacer amicalement bien sûr. Vous lui expliquez que vous, citoyen européen, vous l'aimez tellement que vous ne voulez pas qu'il vous quitte.

Puis vous faites un selfie du câlin et vous postez le résultat sur Twitter, Instagnam, ou même directement sur le site PleaseDontGoUk.com avec le #HugABrit. Et le tour est joué. Vous avez déclaré votre flamme au peuple britannique et à Peter, Brian ou Kelly.

Et ça marche : on ne compte plus les touristes mis à contribution pour cette campagne : quelques célébrités aussi, comme Jarvis Cocker du groupe Pulp. Et lorsque vous n'avez pas de Britanniques sous la main, une statue fera l'affaire.

Une européenne maligne a ainsi enlacé le buste de Virginia Woolf et l'a aussitôt posté sur le web. Parce qu'il faut dire que les Britanniques sont assez pudiques et que leur faire un câlin comme ça dans la rue demande un peu de doigté et de négociations.

Relance : votre revue ce presse s'intéresse ce matin a deux petites îles inhabitées à l'entrée du Golfe d'Aqaba...

Sanafir et Tiran, deux petites îles qui empoisonne les relations entre l'Egypte et l'Arabie Saoudite depuis des décennies. Elles sont stratégiques ces îles : le pays qui les contrôle, possède une clé stratégique irremplaçable : au fond de ce golfe, il y a Israël et El At.

Or on a appris samedi que l'Egypte avait décidé de donner ces deux petites îles à l'Arabie Saoudite. Aussitôt la presse saoudienne, la quotidien Ash-Sharq al Awsat en tête, ne s'en tenait plus de joie et de reconnaissance face à :

« L'heureuse surprise qui consiste à avoir défini en quelques semaines les frontières maritimes entre les deux pays alors que cette bombe à retardement minait les relations entre les deux pays depuis plus de 40 ans ».

« Désormais, les frontières sont dessinées, le Gardien des deux mosquées saintes de l'Islam, le roi Salman, a ensuite annoncé la construction d'un pont unissant les deux pays et les continents, Afrique et Asie, au travers du golfe d'Aqaba ». Dithyrambique !

C'est donc ça le fond de l'affaire : les milliards de $ de l'Arabie saoudite...

L'opposition ne s'y est pas trompée : les Frères musulmans ont ont aussitôt émis un texte contre cette cession territoriale et maritime. Une dizaine d'opposants aussi, comme Ayman Nour, la jugeant inconstitutionnelle et surtout humiliante.

C'est le magazine en ligne Middle East Eye qui le rapporte en soulignant que 11 manifestants avaient en plus été arrêtés au Caire pour avoir protesté contre cette décision. Un autre webzine, Egyptian Streets, fait le compte des protestations :

« Depuis samedi, les #Sanafir et #Tiran ont été les plus utilisé sur les réseaux sociaux : plus de 28 000 tweets ont été ainsi comptabilisés. Et pas d'une façon sympathique, accusant notamment le président Al-Sissi de vendre l'Egypte aux Saoudiens ».

Et on connait même le prix de cette vente : le quotidien Al Masri Al Youm, parle « en plus du pont, de 16Mds$ mis sur la table par les Saoudiens ». Enfin humiliation suprême : le fameux pont prendra le nom du roi Salman. Voilà ce à quoi l'Egypte est réduite.

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