Situé en territoire pakistanais le temple de Kartarpur est révéré par les Sikhs indiens. Mais pour s'y rendre, il fallait des visas et passer la frontière une centaine de kilomètres plus loin. Le nouveau Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a décidé de changer tout cela.

On part au Pakistan, et plus précisément sur la frontière indo-pakistanaise, et même plus précisément encore, à 5 kms de cette frontière, qui est une des plus militarisée au monde, côté pakistanais. Pour vous faire rêver un peu, visitons le Gurdwara de Kartarpur, un magnifique temple tout blanc surmonté d'un dôme tout aussi blanc.

C'est un des temples sikhs les plus révérés au monde. Je rappelle que le sikhisme est une religion qui, à l'inverse de l'hindouisme, est un monothéisme. Or il y a 21 millions de Sikhs en Inde et, pour visiter ce temple, il faut un visa des Pakistanais, qui en sont chiches.

Les sikhs indiens ne peuvent se rendre sur place que depuis 1999 et encore, au compte goutte. Or, en 2019, les Sikhs fêteront le 550e anniversaire de la naissance du fondateur de ce temple, qui est aussi un des fondateurs du sikhisme : le gourou Nanak.

Le nouveau premier ministre pakistanais décide d'ouvrir la frontière

Imran Khan a décidé d'un nouveau point de passage non loin de temple. Avant, les Sikhs indiens devaient passer la frontière à une centaine de kilomètres de là. Mieux encore, il a décidé de faire construire une route et un pont pour faciliter l'accès.

Et le premier ministre indien a lui aussi donné son accord. Une cérémonie a même été organisée, le 28 novembre dernier, histoire de formaliser cet accord que, de part et d'autre de la frontière, on voit comme un geste de paix.

Sauf que rien n'est simple entre les deux pays : sitôt décidé, sitôt critiqué. D'abord, les nationalistes hindouistes les plus durs s'en sont pris a celui qui a décroché cet accord. Il s'agit d'un responsable politique sikh indien : Navjot Singh Sidhu.

Les Sikhs, cette "cinquième colonne", selon les Hindouistes radicaux

Sous prétexte qu'il est allé au Pakistan, qu'il y a rencontré le Premier ministre et salué le chef de l'armée pakistanaise, il a été traité de « traitre à la patrie ». Lui, voire l'ensemble de la communauté sikh. Or il n'y a jamais très loin en Inde de l'insulte aux menaces.

On les accuse de faire bande à part, de négocier pour les eux-mêmes. L'affaire s'est envenimée au point que le ministre des Affaires étrangères indien n'a pas voulu être présent à la cérémonie officielle, laissant deux sous ministres sikhs le représenter.

Du coup, les autorités pakistanaises, qui avaient déjà donné 3 800 visas pour les Sikhs, ont annoncé avoir en plus, accordé 139 visas le 9 décembre à des pèlerins hindous qui voulait visiter le Katas Raj Dham, un ensemble de temples sacrés du Punjab.

Des Sikhs et des Hindous pakistanais

Très peu, la plupart ont émigré en Inde au moment de la partition en 1947 ou dans les années qui ont suivi. Il n'y a par exemple plus que 3 familles sikhs pour entretenir le fameux Gurdwara de Kartarpur. En tout, il ne sont plus qu'une vingtaine de milliers.

Les Hindous, eux, sont plus nombreux : ils seraient 5 millions. Mais dans un pays de 200 millions d'habitants, c'est à peine 2% de la population. Autrement dit, leur cas est plus une affaire indienne qu'une préoccupation pakistanaise. Et c'est bien le problème

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