Le grapheur star Banksy vient de signer une nouvelle fresque murale à Birmingham. Une oeuvre pour dénoncer le sort des SDF à la veille des élections législatives du 12 décembre.

La dernière oeuvre de l'artiste Banksy
La dernière oeuvre de l'artiste Banksy © Getty / Christopher Furlong

On part en Grande-Bretagne ce matin, où Birmingham vient d'hériter d'un Banksy. Rappelons qui est Banksy : c'est un grapheur, artiste de rue, star du street art et dont on ne sait toujours rien de l'identité. Ses œuvres apparaissent du jour au lendemain sur les murs des grandes ou petites villes de ce monde, partout où il y a une cause à défendre.

L'artiste est si côté que les villes où Banksy commet une fresque doivent au plus vite les protéger pour éviter qu'elles ne soient volées ou dégradées. Donc cette fois-ci, c'est la 2e ville du Royaume-Uni, la populaire Birmingham qui décroche la queue du Mickey.

Pour une œuvre très poétique en plus, en cette veille de Noël : il s'agit d'un pochoir, on voit sur le mur de brique rouge deux rênes, entourés d'étoiles, et en guise de traineau, ils tirent un vrai banc, et de père Noël, un vrai SDF. C'est donc parfait un trompe-l'oeil.

Ryan, le SDF de Birmingham

D'abord, ce SDF s'appelle Ryan. Ensuite, ce banc public est un peu son domicile : il s'y est installé. Donc Bansky a simplement mis en scène ce banc en ajoutant sur le mur auquel le banc est collé les fameux rênes du Père Noël. Puis il a filmé la scène.

Voilà comment Ryan le SDF s'est retrouvé acteur malgré lui – mais consentant – de ce nouveau Banksy. L'artiste en a profité pour remercier les habitants de Birmingham qui, pendant les 20mn du tournage, ont apporté à Ryan un café, un briquet, du chocolat.

Évidemment, l'œuvre a aussi un sens : elle dénonce la persistance de SDF dans les rues de Grande-Bretagne. Le manque cruel de logement, surtout pour les plus pauvres. Il y aurait plus de 300 000 sans-abris en Grande-Bretagne : deux fois plus qu'en France.

Une critique de la Grande-Bretagne sous mandat conservateur

Jeudi prochain les Britanniques se rendent aux urnes et, dans les sondages, les Conservateurs de Boris Johnson ont toujours 10 points d'avance sur les Travaillistes ce qui devrait leur assurer une confortable majorité au Parlement de Westminster.

Or s'il y a bien un domaine dans lequel le Royaume-Uni est en retard, c'est bien le logement. Je vais vous donnez un exemple très simple : en 2018, le Royaume-Uni a construit 220 000 logements neufs. C'était un record par rapport aux années de crise !

Pendant la même période, la France, elle, en a construit 400 000 ! Or en France, on fait grise-mine parce que la tendance est plutôt à la baisse. Précisons que les populations britanniques et françaises sont comparables, 67 millions, ainsi qu'en termes de richesse.

Sitôt dévoilée, la fresque a été dégradée

C'est peut-être le plus drôle de cette histoire toute fraîche : sitôt connue, sitôt dégradée. Des petits malins, dans la nuit de lundi à mardi ont peint des nez rouges aux rênes de Banksy. Aussitôt la ville a réagi : elle a dépêché des policiers pour la garder.

Hier, une plaque de Plexiglas est venue protéger la fresque. Il faut dire que la dernière toile de Banksy vendue aux enchères début octobre, Le Parlement des Singes, a atteint la somme fabuleuse de près de 12 millions de € ! Mais revenons aux nez rouges...

Je ne suis pas certain que cette « dégradation » ne soit pas l'œuvre d'autres artistes de rues, moins médiatisés que Banksy, et que ce ne soit pas une critique de la façon dont les œuvres de l'artiste dépassent en célébrité les causes qu'elles sont censées servir.

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