L'affaire est contenue toute entière dans cette question : s'agit-il ou non d'un plagiat ?

Pablo Katchadjian est un écrivain argentin talentueux, auteur d'une dizaine d'ouvrages et admirateur, comme tout argentin qui se respecte, de Borges. En 2009, il publie un drôle d'ouvrage intitulé L'Aleph augmenté. L'idée consiste a reprendre la nouvelle de Borges, L'Aleph, et d'ajouter des adjectifs, des descriptions, des digressions. A la fin de l'exercice, la petite nouvelle de Borges a doublé de volume.

Or il y a une gardienne du temple littéraire de Borges : son épouse, âgée de 79 ans, María Kodama. En 2011, elle intente donc un procès au jeune écrivain pour violation de propriété intellectuelle : il n'a pas daigné lui demander l'autorisation d'utiliser le texte. Il ne l'a pas fait, tout simplement parce que jamais il n'aurait obtenu cette fameuse autorisation. Son argument à lui est qu'il n'a pas chercher à cacher son entreprise « d'augmentation » du texte de Borges. Au contraire :

Il a utilisé le texte en entier, n'a pas modifié l'intrique – on retrouve la petite sphère, « cet objet secret et conjectural dont les hommes usurpent le nom », mais il a ajouté sa voix, sa patte de poète et d'écrivain : pour lui, il s'agit d'un nouvel objet littéraire.

Depuis 5 ans, les deux camps s'affrontent à coups d'avocats et de joutes littéraires : d'un côté la veuve inconsolée qui crie à l'usurpation, de l'autre une bonne partie des écrivains et poètes argentins qui soutiennent l'expérience fascinante de Pablo Katchadjian.

Pourquoi en parler aujourd'hui? Parce qu'enfin, la date du procès a été fixée au 14 février et qu'il promet d'être passionnant. Et aussi risqué pour le jeune écrivain : théoriquement, il encourt jusqu'à 6 ans de prison ! Mais personne ne l'envisage sérieusement à Buenos Aires.

Enfin, Borges lui-même s'est adonné au pastiche et fausses attributions, publiant au début de sa carrière des textes qu'il faisait passer pour ceux d'écrivains plus connus ou critiquant des livres qui n'avaient jamais été écrits. Alors ? Plagiat ou non ?

  • Une revue de presse qui commence par un papier du Guardian de Londres.

En travaillant sur cette histoire argentine, je suis tombé sur un papier qui recensait les villes au monde les mieux dotées en librairies et Buenos Aires, la capitale argentine, est en tête du classement avec environ 25 librairies pour 100 000 habitants.

Mais c'est le reste du classement qui m'a surpris : en deuxième, on trouve Hong-Kong, avec 22 librairies pour 100 000 habitants. La première ville européenne est quatrième et ce n'est pas Paris mais Madrid : 16/100 000 habitants. Paris n'arrive qu'en neuvième place, derrière New York.

Dans le quotidien de Hong-Kong le South China Morning Post, une info que je n'ai vu nulle part ailleurs et qui pourtant me semble significative : l'inauguration hier d'une ligne de train de 750kms entre Djibouti et Addis Abeba, la capitale éthiopienne.

Une ligne au trois-quart financée par la Chine et qui est donc construite aux standards et avec du matériel chinois. Et ce n'est qu'une première étape, puisque la Chine veut poursuivre jusqu'à l'océan Atlantique. Comment mieux illustrer les immenses ambitions chinoises.

Enfin, un édito du Washington Post consacré à Dylann Roof, le meurtrier de 22 ans de neufs fidèles noirs d'un temple méthodiste de Charleston en Caroline du Sud.

« Si la mort traîne dans les prétoires en attendant les verdicts, le tribunal fédéral [où était jugé Roof] était une destination de choix. Mardi, la patience de la Faucheuse a été récompensée avec la peine capitale prononcée par le jury contre Dylann Roof ».

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