Francesco Bellomo était jusqu’il y a peu un des magistrats les plus respectés d’Italie, professeur également dans une école de droit très réputée. Il est aujourd’hui au cœur d’un énorme scandale.

Par Claude Guibal

Un scandale que la justice essaie d’étouffer depuis un an, malgré de très nombreuses plaintes... Des plaintes jamais suivies d’effets. Mais entre temps il y a eu l’affaire Weinstein et #BalanceTonPorc. Et c’est grâce à des fuites dans la presse qu’on a appris que le juge avait l’habitude de coucher avec ses étudiantes. Ça, dans la loi, rien ne l’interdit. Mais il y a plus gênant : à chaque fois que ses conquêtes ont voulu rompre, le juge les aurait fait taire en balançant sur elles des détails très privés dans la gazette de l’école de droit. Et harcelées juridiquement, jusqu’à envoyer la police au domicile de l’une d’entre elles.

Ses étudiants étaient divisés en deux catégories. Les normaux, et l’élite. Qui obtenait des bourses en échange de serments d’allégeance et d’observation d’un code. Un code de conduite obligeant les étudiants à demander son autorisation avant de flirter avec telle ou telle personne, mais aussi un code vestimentaire. 

La presse italienne publie ainsi des documents ahurissants, précisant les dimensions des minijupes que devaient porter les étudiantes, afin de dévoiler les 3/4 de leurs cuisses, jupes noires ou blanches, mais pas d’imprimés, et pour les mains, vernis à ongles clair ou french manucure uniquement ! Dans son école, le juge apprenait aussi à ses élèves qu’il existe des êtres supérieurs, destinés à exercer le contrôle sur la nature. Selon lui le système juridique devait être modifié pour reconnaitre leur existence et s’adapter en conséquence. Le cumul des accusations et les fuites publiées dans la presse est vertigineux, et ce qui met en colère nombre d’italiens aujourd’hui c’est l’omerta qui a permis à ce juge de continuer à exercer ainsi son emprise sur les étudiants sans que jamais l’administration ne le recadre. 

La tribune signée par 100 femmes dont Catherine Deneuve, pour dénoncer les excès du mouvement #MeToo fait réagir

Quand on regarde la presse étrangère et les réactions à travers le monde on se rend compte du côté universel de ce débat.

Il y a ceux qui sont choqués, et ceux qui finalement, trouvent que cette vague du Balance ton porc, ça commence à bien faire.

Alors évidemment, le fait que ce soit Catherine Deneuve, l'incarnation du chic à la française, qui soit la première signataire de cette tribune, ça lui donne un sens tout particulier. Et le fait qu'elle vienne de France justement, cette France où les hommes sont égrillards par nature, où la drague est un art, cette France, dont la capitale Paris, "so romantic", se prête si parfaitement aux virées adultères, pour certains commentateurs, ceci explique cela. 

Dans cette tribune, certains voient la naissance d'un mouvement contre le puritanisme. 

On a pu lire ça dans la presse anglo-saxonne qui ne se prive pas de rappeler qu'un des grands plus rôles de Catherine Deneuve, c'est celui d'une prostituée dans Belle de Jour, de Bunuel.

Le quotidien brésilien La folhia de Sao Paulo rappelle aussi que Catherine Deneuve a également pris la défense de Roman Polanski, accusé de viol sur mineure.

En Italie, la fureur des féministes s'incarne surtout à travers l'actrice Asia Argento, une des premières à dénoncer le harcèlement dans le milieu du cinéma. Pour Asia Argento, Catherine Deneuve et les co-signataires de cette tribune ont été lobotomisées par leur acceptation intérieure de la misogynie ambiante.

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