Après avoir signé la paix avec son voisin macédonien du nord, Athènes règle définitivement ses différents avec Rome. Que se passe-t-il à l'Est de la Méditerranée ?

On part pour la Grèce qui a signé un accord historique avec l'Italie. De quoi s'agit-il : les deux pays partagent la Mer Ionienne – celle qui baigne par exemple l'île grecque de Corfou ou celle d'Ulysse, la légendaire Ithaque.

Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux pays avaient trouvé un accord de partage de ces eaux en 1977, mais un accord partiel. Mardi 9 juin 2020, c'était l'heure de l'accord définitif. 

Finies les bisbilles à répétition sur les zones de pêche et les zones de prospections gazière ou pétrolière : les deux pays scellent leur complète réconciliation.

Une excellente nouvelle !

D'autant plus qu'on parle déjà d'un autre accord maritime avec l'Albanie qui serait, pour le coup, vraiment historique. L'Albanie a toujours été un irritant parfait pour les nationalistes grecs.

Si l'on ajoute à cela le traité signé entre Athènes et Skopje, son voisin macédonien du nord, ratifié en janvier 2019, on a un portrait plus complet d'un pays, la Grèce, qui tente de cesser d'être le "vilain petit canard de la région".

Elle a d'abord – au prix d'une crise économique dramatique – avalé les potions amères de l'UE et aujourd'hui, elle règle, les uns après les autres, ses différents avec ses voisins.

Gestion exemplaire de la pandémie

La Grèce a pu effectuer un des meilleurs bilans de toute l'Union européenne avec moins de 200 décès sur toute la période épidémique.

Vu les critiques adressées des années durant à son administration, sa désorganisation, voire sa corruption endémique, on pouvait craindre le pire.

La Grèce sera donc logiquement un des tout premiers pays à rouvrir ses frontières dès lundi prochain, 15 juin 2020. 

L'obsession turque d'Athènes

La question posée est : pourquoi maintenant et pourquoi si vite ? Ma réponse est la suivante : la Turquie, encore la Turquie, toujours la Turquie.

Les Grecs sont obsédés par les Turcs. Or, en ce moment, Ankara patrouille en mer Égée, se raidit à Chypre – autre obsession grecque - et signe des accords maritimes et gaziers avec la Libye. Bref, elle agace prodigieusement les Grecs.

En signant à tout va des accords, Athènes adresse en fait un message de fermeté à Ankara. Voilà la moins bonne nouvelle : car les ennuis dans ce coin de Méditerranée viennent souvent de l'affrontement, parfois meurtrier, entre Athènes et Ankara.

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