L'histoire d'une Américaine coincée en Arabie saoudite par son divorce nous rappelle combien la situation des saoudiennes, éternelles mineures au yeux de la loi, est inique.

Bethany Vierra, Américaine divorcée d'un Saoudien, se bat pour être libre avec sa fille
Bethany Vierra, Américaine divorcée d'un Saoudien, se bat pour être libre avec sa fille © Getty / oonal

On part en Arabie saoudite ce matin, pour une histoire qui se termine bien ou presque... Car rien n'est jamais gagné pour les Saoudiennes. Bethany Vierra est Américaine et vit en Arabie saoudite depuis 2011. Elle y est professeure dans une des universités du royaume réservée aux femmes.

Cette même année, elle rencontre l'homme de sa vie : un homme d'affaires saoudien. Deux ans plus tard, ils se marient et finissent par avoir une petite fille, Zaïna. Finalement, le couple se déchire et c'est elle qui demande le divorce.

Les choses vont déraper à compter de ce lèse-masculinité qu'est ce divorce qu'elle obtient sans trop de problème. Parce qu'en Arabie saoudite, une femme n'est jamais vraiment adulte et autonome : sa vie durant, elle a doit avoir un « gardien mâle ».

Même divorcée, son "ex" garde la haute main sur son destin.

Vous avez mis le doigt sur le problème kafkaïen rencontré par Bethany : pas de père, ni de frère sur place, juste un ex-mari qui a encore tout pouvoir. A commencer par le droit de résidence dans le Royaume. Impossible de renouveler ses papiers sans son accord.

Evidemment, le mari ne veut rien entendre et pousse son ex-épouse à entrer dans l'illégalité. Avec une conséquence grave : sans permis de résidence, elle n'a plus accès à son compte bancaire. Elle devient prisonnière de ces lois moyenâgeuses et donc, de son ex.

Mais les femmes ont de la ressource. Bethany est américaine et raconte son histoire au New York Times, c'était la semaine dernière. Histoire aussitôt reprise par Fox News et Elle. Hier, les autorités saoudiennes lui ont renouvelé in extremis son permis de résidence.

La mère est libre, pas la fille

Je rappelle que Bethany et son ex ont eu une fille : Zaïna. Or, selon les lois du royaume, Zaïna n'a que son père pour « gardien » mâle qui peut donc lui interdire de sortir d'Arabie saoudite. Autrement dit, la mère peut désormais voyager mais pas la fille.

Vous me direz, les choses sont en train de changer à Riad. Les femmes peuvent désormais conduire seule ou assister à des matchs de foot. Mais pour passer le permis, il faut encore l'autorisation d'un homme, père ou mari.

Et pour voyager à l'étranger, ou même au sein du Royaume, c'est impossible sans l'accord de votre « gardien » mâle. Il existe même une appli gouvernementale pour ces « gardiens » qui les prévient si leur "pupille" tente de prendre un avion.

Et je peux déjà vous dire que ces lois de « gardiennage » qui font des femmes, de leur naissance à leur mort, des éternelles mineures, avec un statut proche de celui d'un enfant, ne sont pas prêtes d'être modifier.

Le prince héritier, Mohamed ben Salman, pense certes qu'hommes et femmes sont égaux : « Nous sommes tous des êtres humains » a-t-il déclaré publiquement. Mais lorsqu'on lui a demandé s'il comptait abolir ces lois, il a expliqué qu'il "fallait faire attention à n'abîmer ni la famille ni la culture".

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