Du jamais vu : un chef de cabinet portant plainte contre le président des Etats-Unis ! Le chaos s'est définitivement emparé de la Maison-Blanche

Mick Mulvaney est en conflit avec Donald Trump, son président.
Mick Mulvaney est en conflit avec Donald Trump, son président. © Getty / Win McNamee

Ce matin, on fait un détour par la Maison-Blanche... où règne le chaos. Même si depuis janvier 2017 et l'investiture de Donald Trump, on ne cesse de le répéter : jamais on n'avait constaté pareil débandade (ou bordel, disons-le) au sein de l'exécutif américain. Le pire – ou le ridicule – n'étant jamais certain, il vient pourtant de se matérialiser ce week-end.

Que s'est-il passé ? Eh bien, Mick Mulvaney, chef de cabinet du président Trump, son collaborateur le plus proche a priori, un poste entre secrétaire général de l'Elysée et Premier ministre pour donner une équivalence, porte plainte contre son patron.

Imaginez Edouard Philippe ou Alexis Kohler portant plainte contre Emmanuel Macron ! Pourquoi porte-t-il plainte ? Parce que le Donald lui a interdit d'aller à la convocation des commissions d'enquêtes parlementaires qui accusent le président.

Convoqué mais absent : le dilemme 

En fait, la question posée aux juges est plutôt : le président a-t-il autorité pour empêcher un employé de l'administration fédérale de répondre à une convocation du pouvoir judiciaire ? Il faut dire que tout le monde attendait son témoignage.

A cause d'une sorte de faux pas : il y a quelques jours, il a benoîtement expliqué à des journalistes que oui, le président Trump avait bien conditionné le versement de 391M$ d'aides à l'Ukraine à l'ouverture d'enquêtes sur Joe Biden et qu'il en avait été témoin.

C'est ballot, parce que précisément ce pourquoi la Chambre des Représentants instruit un procès en destitution. Le problème, c'est que, en obéissant à Donald Trump et en n'allant pas à la convocation des parlementaires, M. Mulvaney risque peut-être la prison.

Un calcul digne de Byzance

Oui, et des deux côtés. Il a fait un calcul byzantin, ce chef de cabinet : d'un côté, il se prémunit contre une inculpation éventuelle ; de l'autre il explique que les procédures judiciaires étant aussi longues aux Etats-Unis qu'en France, il protège son président.

Et c'est un argument assez pervers, mais assez juste : tant que la justice ne s'est pas prononcée, il n'y a aucune raison qu'il se rende à ces convocations. Or les Commissions parlementaires ont la vie courte.

Elles auront fini leur travail bien avant que la Justice ne se soit prononcée. Et hop ! Le tour est joué ! Reste que ces coups de billards à douze bandes pour échapper au Parlement sont une caricature de cette Maison-Blanche chaotique et paranoïaque.

Un gouvernement plus qu'instable : annihilé 

Depuis décembre 2018, il est chef de cabinet « acting », c'est-à-dire en fonction. En clair, il n'a jamais été confirmé par le président. Trump adore mettre ses collaborateurs sur la sellette, il trouve que ça donne plus de « flexibilité » à son administration.

Et cette « flexibilité » s'applique à tous les postes, y compris les ministres. En trois années de présidence, Donald Trump n'a eu un gouvernement complet que quatre petits mois ! Huit ministères sur 15 ont vu leur titulaires valser, parfois plusieurs fois.

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