Le 1er octobre dernier à Oslo, Erna Solberg, Première ministre norvégienne était au premier rang d'un combat de boxe féminine.

Erna Solberg
Erna Solberg © Corbis / Nigel Waldron

Le match a opposé la championne norvégienne Cecilia Braeckus à la française Anne-Sophie Mathis.

Le combat a duré quelques minutes, pas plus. Au second round, la Française a été vaincu par K.O technique. C'est à ce moment là que les Norvégiens médusés ont vu leur Première ministre sauter de joie, grimper sur le podium et embrasser la championne.

Puis elle a pris soin de prendre des selfies tout sourire, alors que la française se retirait en titubant du ring. Depuis, la controverse gronde dans le pays : la Première ministre aurait dû cacher sa joie. Une fois de plus elle s'est ridiculisée. Il faut dire que les Norvégiens sont presque habitués aux excentricités d'Erna Solberg.

Par exemple, fin septembre, au petit matin, les habitants d'Oslo ont pu découvrir leur Première ministre debout, juchée à l'arrière d'un camion poubelle. Elle tenait à rendre hommage aux « Norvégiens qui se lèvent tôt ». Ce qu'on a surtout retenu, c'est une politique en complet tailleur et escarpins noirs, casque sur la tête, rigolant dès que le camion benne redémarrait.

Mais là, l'affaire du match de boxe, c'est l'excentricité de trop. Et pour une raison très étonnante, qui est en fait le vrai fond de l'affaire. La Norvège faisait partie jusque fin 2014 du très petit nombre de pays qui interdisaient les matchs de boxe professionnelle. Une indiction très ancienne, puisqu'elle datait de 1981. La Norvège a donc interdit la boxe professionnelle pendant 33 ans. Pour une raison simple : pour les Norvégiens, la boxe était spectacle dégradant de violence pure entre deux êtres humains.

Ce match du 1er octobre était le premier autorisé en Norvège depuis 1981. Or c'est la Première ministre Solberg qui, non seulement s'est « battue pendant des décennies » - selon ses propres mots –, pour lever l'interdiction, mais c'est elle qui a tenu à se montrer lors ce premier match pour honorer la championne norvégienne.

Et évidemment, comme d'habitude, Erna en a trop fait. Du coup, elle a humilié les adversaires de ce sport de combat qui restent très puissants puisqu'ils vont des sociaux-démocrates à l'Eglise évangélique et luthérienne de Norvège, c'est-à-dire l'Eglise d'Etat.

  • Une revue de presse qui revient sur le débat Hillary Clinton / Donald Trump

De 11 à 14 points d'avance selon les sondages et ce y compris dans les Etats en balance qui commençaient à pencher du côté de Donald Trump. Du coup, les commentaires de la presse américaine s'en donnent à cœur joie contre le milliardaire new-yorkais.

C'est comme s'il y avait une espèce de lâcher prise généralisé. Je vous cite juste les titres des édito du Washington Post de ce matin, pour vous donner une idée : « Trump ne peut plus arrêter la spirale mortifère de sa campagne. Trump, la chimiothérapie du parti républicain.Trump : les Républicains méritent leur triste destin.Trump déteste tout et tout le monde »... Et c'est juste le Washington Post de ce matin.

Mais on pourrait continuer avec le New York Times : « Trump, attoucheur en chef. Trump lâche les chiens. Le Donald Trump que nous connaissons tous » sous-entendu vociférant et insultant et enfin, le coup de grâce : « Trump, un barbare qui débat ».

Dans le Los Angeles Times, on trouve même cette analyse assez étonnante qui dénie à Trump la qualité de Républicain : « Donald Trump est entré au parti Républicain comme il entre dans les boites de nuit : en coupant la file ». Aujourd'hui il en paye le prix.

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