Au lendemain du discours devant le Parlament du président de la Généralitat, Carles Puigdemont.

Carles Puigdemont  le 10 octobre 2017, lors de son discours au parlement catalan
Carles Puigdemont le 10 octobre 2017, lors de son discours au parlement catalan © Getty / David Ramos

Un discours que l'on pourrait résumer avec ses quelques vers de Lamartine : « Ô temps, suspend ton vol et vous, heures propices, suspendez votre cours ».

Alors indépendance ou pas indépendance ? Courage ou lâcheté ? C'est selon votre lecture du matin. A lire le quotidien très catalaniste Ara, ce discours du président Puigdemont qui « a montré un extraordinaire courage » :

De ceux que doivent avoir les hommes d'Etat pour distinguer ce que l'on a eu envie de faire et dire sa vie entière et ce convient de faire et dire lorsqu'on assume une responsabilité collective comme l'est la présidence d'un pays, comme la Catalogne.

Si Puigdemont n'a pas dit ce que tant de gens espérait qu'il disent dans la rue et chez lui-même, mais la déception et le désarroi d'hier soir ne doivent pas l'emporter : il nous faut comprendre et respecter l'incroyable dignité dont il a fait preuve ».

Ou à l'inverse, vous pouvez crier à l'escroquerie, comme dans les pages d'un autre quotidien catalaniste, le Periodico de Catalynya, dont c'est le titre : « Escroquerie » ! « Carles Puigdemont n'a pas déclaré l'indépendance. Ou plutôt, il l'a déclaré pour immédiatement la suspendre et gagner du temps » :

Il a donc a nouveau gaspillé de l'argent public en faveur de la campagne du oui au référendum du premier octobre, il a joué avec l'espoir de milliers de Catalans sincèrement convaincus que cette fois était la bonne, tout cela pour revenir au point de départ. Et en plus, il l'a fait avec un discours cousu de mensonges et d'approximation. Une fois de plus Carles Puigdemont a vendu du vent a ceux qui de bonne foi pensent qu'ils vivraient mieux au sein d'une république indépendante.

Il y a ceux qui tentent de mettre tout le monde d'accord, et croyez-moi, vu la tension qui règne en Catalogne, ça relève de l'exploit ou de l'ennui. C'est le parti qu'a choisi El Punt – Avui, quotidien catalan aussi, proche de Carles Puigdemont mais qui a aussi à cœur de ne pas décevoir ses lecteurs plus radicaux.

Cela donne ceci : « Puigdemont ne pouvait faire autrement que légitimer le résultat d'un vote auquel ont participé plus de 2 millions de Catalans et contre lequel se sont déchaînées les forces de sécurité de l'Etat espagnol ».

Mais, c'est aussi pour cette même raison, pour éviter de nouvelles tensions, que le gouvernement catalan qu'il représente avait pour défi de trouver la formule juste lui permettant de gérer la transition vers l'indépendance ».

Conclusion : lorsqu'on doit écrire quelque chose pour ne fâcher personne, la première règle c'est de noyer le poisson dans l'ennui rhétorique. Bel exemple donné ce matin par El Punt – Avuí, vous ne trouvez pas ?

L'autre solution, c'est l'ironie ! Comme à la une du quotidien barcelonais opposé à l'indépendance La Vanguardia qui parle « d'astuce » dans son édito et commence par cette phrase : « Attendez, j'ai bien entendu : Puigdemont a déclaré l'indépendance pour immédiatement la suspendre ? »

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