Cinq longs mois séparent l'élection d'un président mexicain de son intronisation. Cinq mois mis à profit pour communiquer et, aujourd'hui, pour tweeter. Le président "en attente" López Obrador ne s'en prive pas.

Au Mexique, le futur président tweete. Il faut dire qu'il n'a pas grand chose à faire en attendant son intronisation le 1er décembre prochain. Rappelons tout de même de Andrés Manuel López Obrador, dit AMLO, a été superbement élu avec 53% des suffrages le 1er juillet dernier !

Autrement dit, il y a 5 longs mois entre son élection et sa prise effective du pouvoir. Soyons clair, le Brésil est loin d'être le seul pays qui applique cette espèce de purgatoire temporel. Mais l'un de ceux où cet entre deux est le plus long.

Donc, pendant ce temps, les sortants se mettent à l'abri et se recyclent et l'impétrant... Eh bien... Il voyage, il donne des interviews, il prépare son équipe, il donne ses priorités et aujourd'hui, surtout depuis Donald Trump, il tweete.

Pourquoi ne pas tenter le vote en ligne...

C'est son truc à AMLO : donner aux Mexicains voix au chapitre un peu plus souvent et sur plus de sujets qu'une fois tous les 6 ans, pour les élections présidentielle. Par exemple, il a promis un référendum « stop ou encore » en milieu de mandat.

S'il l'emporte, il continue à la tête du pays. Sa dernière idée, c'était mardi dernier, est de faire voter les Mexicains, sur Twitter, sur le nom du futur traité de libre échange que viennent tout juste de signer Etasuniens, Mexicains et Canadiens.

Donald Trump voudrait USMCA : United States Mexico Canada Agreement. Ce qui est un problème. D'une part, il ne s'agit pas d'un accord – Agreement – mais d'un traité. D'autre part, cette préséance américaine agace tout le monde au Mexique. D'où le vote twitter.

L'ennui et l'attente sont mauvais conseillers

Les internautes ont commencé à lui reprocher ses tweets intempestifs : il y a peut être plus urgent que de rebaptiser un traité international. D'autant que ce n'est pas la première qu'il est pris la main dans le sac des détails un peu futiles :

Pendant sa campagne électorale, il avait juré qu'il revendrait les avions présidentiels, dont le dernier vient à peine d'entrer en service : un Boeing pour lequel l'Etat mexicain a dépensé 200 millions d'euros en 2016 ! Ecoutez ce qu'il en disait le 20 septembre :

Le populisme light du président AMLO

Bien sûr que si ! Le plus drôle d'ailleurs, c'est que le futur président mexicain a fait ces déclarations à bord d'un avion de ligne cloué au sol par 5 heures de retard ! Il paie de sa personne en clair pour mettre ses paroles en accord avec ses actions !

Enfin, je voulais souligner l'énorme différence entre deux géants d'Amérique latine : d'un côté le Mexique qui a élu un président, certes un peu populiste, mais progressiste et de l'autre, le Brésil qui s'apprête à se donner un président d'extrême-droite.

En clair, rien n'est jamais écrit : le Mexique est un pays aussi violent, aussi affecté par la crise et aux inégalités aussi criantes qu'au Brésil. Pourtant, les mêmes conditions ne créent pas forcément les mêmes effets : c'est un peu rassurant, non ?

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