Le Pulitzer fête cette année son centenaire et, en plus d'être un prix littéraire, il récompense les meilleurs reportages et les meilleurs journalistes.

Cette année, comme toutes les années, la crème de la crème de la presse anglo-saxonne est selectionnée. Parmi les lauréats, comme chaque année, le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal, le New York Daily News et... le Storm Lake Times.

Ne cherchez pas, vous n'avez aucune chance de connaître ce quotidien : il est diffusé à 3 000 exemplaires, il est dirigé par une famille : les Cullen dont le père est éditorialiste, l'épouse reporter, le fils photographe et le second fils, manager.

Le journal a été fondé au début des années 90 parce que le patriarche Art Cullen, voulait en découdre avec l'autre quotidien local, le Storm Lake PilotTribune. En clair, pendant 20 ans, les 14 000 habitants de Storm Lake avaient le choix entre deux quotidiens !

Ça restait une situation exceptionnelle : Storm Lake était même la plus petite ville Américaine à avoir deux quotidiens. D'ailleurs, le second a fini par lâcher l'affaire et ne publie plus que deux fois par semaine. Mais, c'est une situation assez courante aux Etats-Unis, où il existe toujours des milliers de quotidiens hyper-locaux qui diffusent à quelques milliers d'exemplaires et qui restent très populaires et très rentables : peu de frais, des lecteurs captifs, des infos locales.

La question est donc : que vient faire le Storm Like Times – le Times pour les gens du coin – dans la liste des Pulitzer de l'année ? C'est simple : dans ce coin de l'Iowa, on est soit ouvrier, soit paysan et on a voté à 61% pour Donald Trump.

Sauf Art Cullen, le directeur, père, mari et éditorialiste du quotidien. Tous les jours, Cullen s'en prend au député local Trumpiste Steve King. Tous les jours, il défend bec et ongles ses « amis et voisins » d'origine Mexicaine avec un talent redoutable.

Un exemple ? Juste avant l'élection de Trump, il écrit : « Trump et le député Steve King sont des âmes soeurs dès qu'il s'agit de calomnier les basanés ». Résultat : un Pulitzer pour son esprit de résistance éditoriale.

Dans ce comté de l'Iowa, 61% avait voté pour Donald Trump. Sauf à Strom Lake où l'actuel Président n'a récolté que 31% des suffrages. Et je pense que le Times, Art Cullen et sa famille y sont pour quelque chose.

Signalons que Hisham Matar, premier gagnant du tout nouveau Prix du Livre Etranger France Inter – Le Journal du Dimanche est aussi Lauréat du Pulitzer 2017 dans la catégorie "biographie" pour La terre qui les sépare : le livre qu'il a réalisé sur les traces de son père enlevé par Kadhafi.

  • Une revue de presse en Corée du Sud

C'est le pays dont on risque d'entendre beaucoup parler ces prochaines semaines : porte-avions américain, provocation nord-coréenne, inquiétude chinoise : j'ai voulu savoir ce qu'en disait les grands quotidiens de Séoul :

Et l'inquiétude s'étale à la une de tous les quotidiens. Florilège : Pour le Hankook Ilbo, «Une deuxième guerre de Corée est-elle imminente ?». Pour le Korea Herald : «Quelle sont les chances d'une nouvelle guerre de Corée ?»

Et le quotidien rapporte les messages partagés des milliers de fois sur internet : «le 27 avril est le jour idéal pour des chasseurs furtifs» ou encore «les Etats-Unis lanceront des tomahawks et des bombes pénétrantes sur les bunkers nord-coréens».

Il faut bien sûr expliquer encore et encore qu'il ne s'agit que de rumeurs mais « elles montrent bien l'inquiétude des Coréens du Sud alors que le porte-avion Américain Carl Vinson arrivera ce week-end au large de la Péninsule ».

Le Chosun Ilbo est sur la même longueur d'ondes : « les craintes de tirs américains sur la Corée du Nord sont prématurés », c'est le titre de l'édito du jour : « il est encore temps d'user de la diplomatie et alimenter la peur d'une guerre est hautement irresponsable ».

Reste que le ton monte, surtout dans la presse nationaliste, comme le Joong Ang Ilbo qui note que les deux principaux candidats à la présidentielle du 9 mai prochain ont abandonné tout discours pacifiste. C'est une bonne chose pour le quotidien.

«Les deux candidats doivent réaffirmer que notre alliance avec les Etats-Unis est la colonne vertébrale de notre sécurité nationale. La survie de notre nation en dépend». Quand on en est à parler de «survie de la nation», c'est que ça va mal, très mal.

Si mal d'ailleurs que dans le Donga Ilbo, un autre quotidien de Séoul, on peut lire que l'armée sud-coréenne a testé avec succès un missile balistique d'une portée de 800km. «Un missile capable de frapper n'importe quel point du territoire Nord-Coréen».

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