Il s'appelle Mahmood et a remporté brillamment le prestigieux concours de chant de Sanremo. Mais l'Italie d'aujourd'hui est dirigée par l'extrême-droite alliée aux populistes. Polémique.

Le chanteur italien Mahmood célèbre sa victoire du 69ème concours de Sanremo
Le chanteur italien Mahmood célèbre sa victoire du 69ème concours de Sanremo © Maxppp / ETTORE FERRARI

On part en Italie et en chanson encore ! Ce week-end avait lieu de concours de chansons de Sanremo, en Ligurie, a deux pas de Nice. C'est même le plus ancien concours de chanson d'Europe : 1951 !

Toute la crème de la chanson italienne est passée par Sanremo. D'autant que c'est un des événements télévisuels de l'année. Ça dure 5 jours et la finale, cette année, a été regardée par 10 millions d'Italiens. Pour vous donnez une idée, Sanremo, c'est, par exemple, Nel Blu dipinto di Blu de Domenico Modugno en 1958.

Sanremo c'est l'Italie qu'on aime ! Adriano Celentano, Toto Cutugno, Eros Ramazzotti, tous ont remporté ce festival mythique qui a inspiré l'Eurovision. D'ailleurs, le gagnant représente l'Italie à l'Eurovision. C'est l'Italie des chansons populaires.

Et cette année, le gagnant est... Mahmood !

Vous commencez à comprendre le problème dans une Italie dirigée par la Lega d'extrême-droite et le Mouvement 5 étoiles populiste. D'abord qui est ce jeune homme ? Il est italo-égyptien. D'ailleurs son vrai nom entier est Alessandro Mahmoud (Mahmood étant son nom de scène). 

Il a remporté ce concours prestigieux devant un italien pur sucre nommé Niccolo Moriconi, alias Ultimo. Un jeune crooneur à la Eros Ramazzotti avec la voix un peu éraillé. Bref une épure de chanteur italien. Alors que Mahmood, lui, proposait Soldi, L'Argent, une histoire très personnelle. 

Mais vous avez déjà compris que le problème n'est pas qu'artistique. D'autant qu'il a lui-même expliqué qu'il se sentait 100% Italien. Non, le problème c'est Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien qui a aussitôt twitté :  

Mahmood, la plus belle chanson italienne. Bof ! Moi j'aurais voté pour Ultimo

Comme il y a concurrence sur le segment nationaliste en ce moment en Italie, ce leader du Mouvement 5 étoiles et aussi ministre, Luigi di Maio, en a rajouté une louche :

Il s'en est pris à « l'abyssal distance entre les élites et le peuple ». La victoire de Mahmood, répond « aux vœux d'une minorité de journalistes de bobos » contre « une majorité de gens qui votaient de chez eux, devant la télévision ».

L'élite contre le peuple des téléspectateurs

C'est la polémique dans la polémique. La note finale est composée à 60 % par un jury d'experts musicaux et de journalistes et les 40% restant, par le public qui vote par téléphone. Or le public italien a voté pour Ultimo, l'Italien pur sucre.

Donc si je me résume, Matteo Salvini et Luigi di Maio ont non seulement mis en doute l'italianité de ce jeune chanteur, mais en plus ils accusent d'avoir volé le vote des Italiens du commun. Le peuple contre les élites, ça fleure bon les années 30.

Si l'on ajoute à cela que lors des dernières élections dans les Abruzzes, la région du tremblement de terre de 2009, à L'Aquila, la Lega a augmenté son score de 20 points. Du jamais vu dans l'histoire récente du pays, on se prépare tous quelques années difficiles.

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