Trop de touristes cannabique et surtout des touristes "bas de gamme", la ville d'Amsterdam a décidé de prendre une décision radicale : interdire les "coffee shops" aux étrangers.

La maire d'Amsterdam veut interdire les coffee shops aux touristes
La maire d'Amsterdam veut interdire les coffee shops aux touristes © Getty / ullstein bild

Vous voulez savoir à quoi ressemblera le « monde d’après » à Amsterdam ? La maire de la ville, Femke Halsema, a une idée qui pourrait tout changer : et si, après la pandémie de Covid19, on fermait les « coffee-shops », les fameux cannabistrots amsterdamois ?

Enfin, les fermer… disons plutôt les réserver aux seuls résidents néerlandais. C’est une mesure qui s’applique déjà depuis 2012 à Maastricht, par exemple. La ville se plaignait d’un tourisme frontalier du cannabis venu d’Allemagne, de Belgique et de France.

Mais Amsterdam résistait jusqu’à présent. Il faut dire que le chiffre d’affaires des 570 coffee shops néerlandais représente 2 milliards d’euros. Or un bon tiers de ces établissements cannabiques se trouve à Amsterdam. Cet argument suffisait pour calmer le débat.

Pourquoi y revenir maintenant, en pleine pandémie et donc crise ?

C’est d’autant plus étonnant comme prise de position que la maire est une écolo, donc a priori pas portée sur les mesures répressives. Pourtant, Mme Halsema avance des arguments très écolos : Amsterdam, c’est 20 millions de touristes étrangers par an.

A l’horizon 2025, ils devraient même passer la barre des 25 millions. Or, Amsterdam ne compte que 880 000 habitants. La pression est donc énorme. D’autant plus énorme que, selon tous les calculs, 58% de ces touristes viennent essentiellement pour la fumette.

Et quels touristes ! Plutôt des jeunes au budget serré, logés quelques jours dans des hôtels bas de gamme, arrivés par des vols low-cost et qui nuisent beaucoup à l’image d’une ville qui se veut romantique, écolo, avec ses vélos et ses canaux, et culturelle.

Il y a d’autres moyens que d’interdire les coffee shops aux étrangers !

Tous ont été testés : la ville a ostensiblement réduit le nombre de magasins pour touristes, a imposé des règles drastiques aux loueurs type Airbnb, a retoqué beaucoup de projets de création d’hôtels et a augmenté toutes les taxes touristiques. Rien n’y a fait.

L’image d’Amsterdam reste intimement liée à l’herbe qui fait rire et aussi au fameux « quartier rouge » récemment rénové : une image de liberté sexuelle et de tolérance. Ce à quoi la ville répond que le commerce du cannabis est désormais hors-contrôle.

Il faut savoir que le cannabis est en fait interdit au Pays-Bas. Sa vente et sa possession sont juste tolérées. En clair, les « coffee shops » peuvent en vendre, mais la production reste interdite. Ils doivent donc se procurer illégalement ce qu’ils vendent légalement.

Une situation kafkaïenne

La loi qui fixe ces règles date de 1976 ! A l’époque, c’était une avancée historique. Mais personne ne pouvait prévoir l’énorme expansion du marché de cannabis et donc des filières criminelles pour le produire, au Maroc essentiellement, et le distribuer.

Je rappelle que le 1er consommateur européen de cannabis, en volume et en proportion, c’est la France. Mais Amsterdam ne veut plus couvrir l’hypocrisie d’autres pays d’Europe, bien content que la Hollande serve de soupape cannabique à leur jeunesse.