Le département d'Etat ne veut plus que les ambassades américaines hissent le drapeau gay pendant le mois des Gayprides (juin). Certaines organisent malgré tout la résistance.

Drapeau LGBT et drapeau américain côte à côte aux alentours du Stonewall National Monument
Drapeau LGBT et drapeau américain côte à côte aux alentours du Stonewall National Monument © AFP / Angela Weiss

Direction les Etats-Unis où les diplomates se livrent à une guerre des drapeaux. Une guerre très gay. Elle a commencé, cette guerre toute en chuchotements et rondeur diplomatique par le Brésil. Les diplomates américains en poste au Brésil ont souhaité soutenir les gays et lesbiennes brésiliens en hissant le drapeau arc-en-ciel.

Le mouvement LGBT+ brésilien vit des moments difficiles avec le président d'extrême-droite Jair Bolsonaro. Donc l'ambassade des Etats-Unis demande à son administration de tutelle, le Département d'Etat, si elle peut arborer le drapeau gay en solidarité.

La réponse, depuis 2011, date à laquelle Hillary Clinton, alors ministre des Affaires étrangères de Barack Obama, est toujours oui. C'est elle qui avait affirmé que « les droits des gays et lesbiennes étaient des droits humains ». Cette fois-ci, ça a été non !

Un peuple, une ambassade, un drapeau

Voilà ce que déclarait à la chaîne de télévision NBC, pas plus tard qu'hier, le vice-président étasunien, le très religieux Mike Pence :  

Franchement, l'argument de Mike Pence est audible : Barack Obama disait lui-même « il n'y a pas d'Amérique démocrate ou d'Amérique républicaine, il y a les Etats-Unis d'Amérique ». Donc un peuple, une ambassade, un drapeau, c'est beau comme l'antique.

Sauf que l'ambassade américaine de Brasilia n'a jamais demandé à hisser le drapeau gay à la place du « stars and stripes ». L'idée était de hisser le drapeau arc-en-ciel aux côtés du drapeau officiel ou sur la façade de l'ambassade. Mais ça, et surtout ça, c'est non.

Résistance !

Evidemment non ! Pour des raisons qui tiennent d'ailleurs à la sociologie de la diplomatie américaine – et mondiale. On ne compte plus les ambassadeurs gays ou lesbiennes désormais mariés et, dès 2011, il y a eu au département d'Etat des transgenres.

Donc l'heure de la résistance a sonné : l'ambassade américaine de New Delhi, en Inde, est illuminé - en ce moment même – de spots aux couleurs du drapeau arc-en-ciel. Le Consulat général de Chennaï arbore un rainbow flag sur toute la largeur de sa façade.

A Vienne, en Autriche, le drapeau gay flottait un cran derrière le drapeau américain pour la journée mondiale contre l'homophobie, le 17 mai dernier. A Jérusalem, la très trumpienne ambassade a tout de même envoyé une délégation officielle à la gaypride.

Evidemment aucune sanction n'a été émise, parce qu'au fond, ces ambassades n'ont enfreint aucune règle. Ensuite parce qu'une sanction serait pire : malgré cette mise-à-distance, la défense des LGBT+ dans le monde fait encore partie des politiques promues par les Etats-Unis dans le monde. Coincés !

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