Il voulait 100 000 respirateurs dans les 100 jours pour inonder les hôpitaux américains, le président des Etats-Unis a été exaucé... Mais étaient-ils vraiment nécessaires ?

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche © AFP / Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

On part aux Etats-Unis ce matin, qui risquent de crouler sous les respirateurs. C'est un reportage remarquable et très fouillé du Washington Postqui raconte dans son édition d'hier cette histoire assez incroyable. Tout commence mi-mars par un rapport qui tombe entre les mains du président des Etats-Unis, un rapport alarmant. Si alarmant que Donald Trump en parle comme « de la pire nouvelle de sa vie ». 

Que dit ce rapport ? Que malgré les 23 000 respirateurs du pays plus une vingtaine de milliers dans les réserves fédérales, le pays risque de manquer de 130 000 respirateurs ! Ce rapport semble confirmer les hauts cris du gouverneur de New York, Andrew Cuomo, qui, peu avant, réclamait sur toutes les chaînes d'infos 30 000 respirateurs de plus et ajoutait : « si nous ne les recevons pas, 26 000 malades risquent de mourir ».

Donald Trump ordonne et tweete

Il a d'abord réagi comme Donald Trump : il a vitupéré contre Andrew Cuomo, qui est démocrate. Puis il a ordonné qu'un quart de la réserve fédérale en respirateurs soit immédiatement livrée à New York. Mais ça ne représentait que 4 à 5 000 machines !

Il a donc exhumé une loi datant de la guerre de Corée, dans les années 1950, donnant au président le droit de réquisitionner les stocks et surtout les capacités industrielles du pays pour fabriquer les fameux respirateurs. C'était le 27 mars. Ce jour-là, il a – à son habitude – tweeté que dans les 100 jours, c'est-à-dire avant le 13 juillet, les Etats-Unis auraient 100 000 respirateurs de plus à disposition. Dans les 15 jours, l'administration américaine s'est mise en ordre de combat.

Cent-mille respirateurs en quelques semaines

C'est ce qui est incroyable dans cette histoire : dans les 15 jours, une douzaine d'ordres d'achat pour un total de 3 milliards de dollars sont partis aux quatre coins du pays. En quelques semaines, les Etats-Unis sont passé de 700 à 5 000 ventilateurs par semaine.

Et lorsque ça n'allait pas assez vite, Donald Trump avait le tweet vengeur : il a littéralement insulté tour à tour General Motors et Ford parce qu'ils n'allaient pas assez vite : la semaine suivante, GM promettait 30 000 respirateurs et Ford, 50 000 !

En 100 jours, les Etats-Unis auront été capables de produire 79 000 respirateurs. Mieux encore ! D'ici la fin de l'année, ils disposeront de 200 000 machines prêtes à l'emploi. Comme le dit Donald Trump : « Nous sommes devenus les rois des respirateurs ».

Un stock qu'il va falloir... stocker ou écouler

C'est précisément la morale de cette histoire. Objectivement, mi-mars, il était impossible de savoir la quantité de malades à venir à mettre sous respirateur. Donc, en commander beaucoup semblait raisonnable. D'autant que tous le monde en réclamait.

Seulement voilà, depuis lors les médecins se sont rendus compte que beaucoup des patients mis sous respirateurs mourraient : 36% pour les moins de 70 ans, et 80% au delà. Donc, ils ont commencé à y recourir de moins en moins et en dernier recours.

Autrement dit, la demande en respirateurs a baissé au moment même où les stocks se remplissaient. Que croyez-vous qu'ont fait les Etats-Unis ? C'était fin avril, ils ont commencé à distribuer leurs stocks à travers le monde : Mexique, Russie et aussi Europe.

Le « roi des respirateurs » Donald Trump s'est transformé, à son corps défendant mais tout de même, en « père Noël des respirateurs ». Il y avait donc bien une morale dans cette histoire folle qui montre aussi l'efficacité de l'administration américaine.

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