L'attentat d'Ankara est encore dans tous les esprits : 128 victimes et la presse turque qui les pleure

Les unes d'hier étaient particulièrement poignantes : « une bombe dans nos cœurs » pour Hürriyet , « bassesse » pour Milliyet , « la Turquie piégée » pour Sabah , avec partout la même photo : un homme abasourdi tenant une femme ensanglantée dans ses bras.

Il faut lire aussi les éditoriaux de ce matin pour mesurer le choc. Le quotidien d'opposition Zaman écrit par exemple : « la Turquie vit un cauchemar. Un cauchemar qui empire chaque jour. Un sentiment d'impuissance est à l'œuvre dans le pays ».

« La Turquie est devenu un pays triste. Alors que nous étions une source d'inspiration et d'espoir il y a encore quelques années pour toutes les nations de la région, nous sommes plongés dans la pire des crises. »

Même désespoir dans les pages de Hürriyet : « Bien sûr que le gouvernement turc n'est pas responsable de ces attentats, mais sa politique intérieure, ces 5 dernières années, fait que les citoyens de ce pays se détestent les uns les autres ».

Quant à sa politique étrangère, « elle a pour résultat que plus aucun pays de notre entourage ne se considère comme ami. Elle a conduit 8 de nos voisins au bord de la guerre avec la Turquie, et nous sommes désormais la base arrière de plusieurs organisations terroristes ».

Une librairie... unique à Tokyo

Après tout quand les temps sont difficiles, autant se plonger dans la lecture. Mais je vous emmène dans une librairie très particulière. Elle s'appelle Morioka, cette librairie, elle s'est ouverte à Ginza, un quartier chic et commerçant de Tokyo.

Morioka est une toute petite librairie : une seule pièce d'une vingtaine de mètres carrés, un ancien présentoir de pharmacie française en bois précieux au fond, un banc où s'assoir, et un lutrin avec un seul livre.

Pas une sélection tirée d'étagères fournies. Non : un seul livre à vendre dans toute la librairie. C'est le concept. Une librairie, un livre. Le dépouillement zen par excellence.

En fait, il s'agit d'un éloge de la lenteur. Le propriétaire a voulu que dans ce monde de la vitesse de l'information et des possibilités infinies, il y ait un endroit où l'on puisse se retrouver autour d'un choix unique, où l'on puisse discuter et aussi lire ensemble.

Mais l'idée du libraire, il s'appelle Yoshiyuki Morioka, est de proposer un espace inimitable pour Internet. Il a compris qu'il ne pouvait pas se battre contre les dizaines de milliers de titres mis en vente en un clic par les librairies en ligne. D'où cette réponse.

D'une certaine façon, en proposant un livre et un seul toutes les semaines, il fait acte de résistance dans un pays où l'on lit dans le métro sur son téléphone portable depuis déjà des années, où les 18-24 ans passent 114 min par jour sur leur portable : record mondial.

Chez Morioka, au contraire, on prend son temps puisqu'il n'y a qu'un livre à lire et à découvrir. On rencontre l'auteur, on discute avec son voisin ou le libraire sur le petit banc de bois, on touche le papier du livre et on l'achète si l'on est convaincu.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.