Alors que le Brésil vient de passer la barre des 150 000 morts de la Covid19, son président a retrouvé les niveaux de popularité des débuts de son mandat. Un paradoxe qui mérite explications.

Le président brésilien Jair Bolsonaro envoie du "love" à ses électeurs
Le président brésilien Jair Bolsonaro envoie du "love" à ses électeurs © AFP / Mateus Bonomi

Le président brésilien Jair Bolsonaro qui il y a quelques mois se trainait dans tous les sondages à moins de 25% d’opinions favorables Le voilà aujourd’hui mesuré par les mêmes instituts à plus de 40%. La question est donc par quel miracle est-il parvenu à redresser aussi vite la barre ?

La réponse est, comme toujours, « it’s the economy, stupid » ou plutôt sa version bolsonaresque : « é a economía, estúpido » : à savoir la distribution auprès des plus pauvres d’une allocation d’urgence de 100 à 200 euros par mois.

La moitié de la population protégée par une allocation

Dans un pays qui est un des plus inégalitaires au monde, c’est une raison suffisante. Entre « Bolsa Familia », initié par Lula, qui est une sorte d’allocation familiale, et l’aide d’urgence de Bolsonaro, c’est désormais la moitié des Brésiliens qui est couverte.

Alors bien sûr, cette aide va être divisée par deux dès ce mois-ci et disparaître en décembre… Mais Bolsonaro a bien compris la leçon et il va tenter de la pérenniser cette aide au travers d’un revenu minimum.

Ensuite, il a mieux compris le pays dans lequel il vit : il a refusé le confinement généralisé. Or stopper l’économie et confiner la population, c’est une solution de pays riche. Pour le Brésil où l’essentiel de la population travaille au noir, c’est impossible.

Un bilan Covid parmi les pires de la planète

Avec la barre symbolique des 150 000 morts dépassée ce week-end ! Le Brésil est le 2e pays au monde pour le nombre de décès. Avec un début de décélération de l’épidémie : il y a eu, la semaine dernière, moitié moins de décès que la semaine précédente.

Sur ce point-là aussi, Jair Bolsonaro a réussi à tirer son épingle du jeu : d’abord, il a été lui-même malade, en juillet dernier. Or, il ne faut pas oublier que cet homme a été poignardé pendant la campagne présidentielle, puis s’en est remis.

Aujourd’hui, le voilà remis de la maladie du siècle, la Covid19 : pour un peuple très religieux, c’est un destin quasi christique. En tous cas, le voilà à des niveaux de popularité qui promettent une réélection plus aisée dans 2 ans pile.

Deux années avant la fin de son mandat

En deux ans, tout peut arriver. D’autant que la situation économique du pays est très dégradée. Le déficit des finances publiques a quintuplé, la devise nationale au plus bas et 13 millions de chômeurs, on obtient un cocktail explosif.

A moins que ce président improbable ne fasse l’impensable en Amérique latine : à savoir taxer les plus riches qui, là-bas, échappent quasiment à l’impôt. Rien n’est moins sûr ! 

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