Aujourd'hui direction l'Arabie Saoudite aujourd'hui où a été créé une danse qui fait fureur dans tout le monde arabe...

Je sais que vous êtes tous très « world music », musique du monde, alors ce matin nous allons danser le « barbs » saoudien. Sachez simplement que tout a commencé par un clip posté sur YouTube et déjà vu plus de 9M de fois. Mais sans plus attendre : musique !

Extrait du « Barbs »

D'abord les auteurs : Majed Al Esa, un jeune saoudien costumé cravaté mais chaussé de magnifiques baskets rouges. Ensuite les paroles sont des instructions. Majed vous dit de mettre le pied comme ça, puis l'autre, puis de rejeter la tête en arrière et d'onduler.

« Barbs », ça veut justement dire ça, « gigoter », « se défouler » ou encore « se lâcher » mais l'important, vous l'avez compris, c'est de « barbasser » entre amis. Des dizaines de vidéos ont été postées sur le web où l'on voit des jeunes arabes onduler en choeur.

Ce n'est pas vraiment l'image que renvoie en ce moment le monde arabe et l'Arabie Saoudite !

Effectivement, on n'entend parler ici que de guerres civiles et religieuses, d'Etat islamique, de massacres, d'égorgements et de bombardement. On oublie trop vite une réalité très importante : en moyenne les 2/3 des Arabes ont moins de 25 ans.

Et c'est justement parce que le monde arabe et à feu et à sang que la jeunesse arabe donne, entre autres bien sûr, dans le « barbasse », c'est-à-dire la négation absolue, définitive j'allais même dire nihiliste de tout ce que relève du politique ou du religieux.

D'ailleurs, les censeurs ne s'y sont pas trompés : on ne compte plus les appels à la censure. Deux soldats émiratis qui avaient eu le malheur de « barbasser » en uniforme ont été dûment punis. Mais rien n'y fait : les jeunes arabes veulent onduler en paix !

Extrait du « Barbs »

On va quitter le monde arabe pour la Grande-Bretagne où le grand déballage fiscal continue...

Après le 1er ministre David Cameron, le ministre des Finances Osborne, le maire de Londres, Boris Johnson, c'est maintenant au tour de plusieurs dizaines de députés de publier leurs déclarations d'impôts, le tout en ordre dispersé...

Et qu'apprend-on à ce grand nettoyage de printemps ? Selon le Guardian, on apprend surtout que « si le 1er ministre a eu tant de mal à gérer ces révélations, c'est parce qu'il n'a aucune idée de ce qui est normal ou ne l'est pas ».

« Nous avons affaire à un homme pris un jour en photo en train de manger un hot dog avec une fourchette et un couteau et par ailleurs capable de dire qu'il a gagné en dividendes 'quelque chose comme 30 000£' ». En clair : ils ne touchent plus terre.

La question est d'ailleurs posée par The Telegraph : « et si tout à chacun publiait sa déclaration d'impôts. Le quotidien conservateur n'y verrait que des avantages. « En connaissant le salaire de ses collègues, l'arbitraire des employeurs serait exposé ».

« Toutes les petites discriminations du quotidien basées sur le sexe, l'âge, la religion ou même le doigt mouillé du patron seraient ainsi objectivisé forçant à une standardisation des salaires et des revenus ».

Etonnamment, The Independent, qui est nettement à gauche, est sur la même ligne : « il ne faut pas laisser au seul politique le soin de publier leurs revenus, sous peine d'accréditer en creux l'idée qu'ils ont tous qq chose à cacher, qu'il sont tous des voleurs »

« Tous les superriches devraient publier leurs déclarations d'impôts, voire tout le monde. Mais on le comprend bien, nous ne saurions que faire de cette masse d'informations. En clair, la réponse au scandale des Panama papers n'est pas la transparence des revenus ».

« La réponse », conclut The Independent, « est de mettre une bonne fois pour toute hors la loi toute forme d'évasion fiscale. Tant que des niches fiscales continueront d'être légales, les contribuables continueront de s'y engouffrer et d'en camoufler le bénéfice ».

Enfin, pour avoir un exemple des multiples « memes » arabes sur la musique de Barbs :

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