L'armée canadienne a visiblement un problème pour recruter des femmes... Aujourd'hui, les forces armées canadiennes ne comptent que 15,9% de femmes. Trop peu alors, qu'en plus, les hommes commencent aussi à manquer à l'appel du drapeau à la feuille d'érable.

Soldats canadiens
Soldats canadiens © Getty / Brian Kennedy

L'objectif est ambitieux : parvenir à un quart de femmes dans les rangs.  Comment y parvenir ? Eh bien, l'armée canadienne a commencé par mettre en place une « équipe tigre », une « tiger team », pour y réfléchir. 

Ça fait trois ans que ces « tigres » engalonnés passent en revue tout ce qui pourrait freiner l'inclusion des femmes. Tout y passe : l'uniforme, les messages promotionnels, les statistiques sociologiques. L'équipe tigre a même procédé à des questionnaires pour identifier les résistances et bien sûr, ils font de nombreuses propositions.  

Quelles propositions ?

Prenons l'exemple de l'uniforme. En enquêtant, ils se sont rendus compte que le choix des uniformes était décidé par une commission quasi exclusivement composée d'hommes d'âge moyen plutôt élevé. En clair, des vieux mâles blancs passablement rigides. Résultat : les uniformes des soldates sont inconfortables, les chaussettes mal adaptées – des croquenots en clair ou des escarpins à talons trop hauts pour la parade, voire des jupes trop longues et trop serrées : impossible de se déplacer avec aisance. 

Donc, à moins de vouloir rendre maboules les soldates canadiennes, les commissions des uniformes devront comprendre au moins ¼ de femmes, les jupes devront être plus courtes, les tissus plus légers, les talons plus bas, les chaussures de combat adaptées.

Cela suffira-t-il à convaincre les femmes ?

Pas sûr, d'autant que l'armée canadienne doit recruter parmi les « millenials », cette génération née dans les années 1990 à 2000. Et les trois quarts d'entre eux veulent des horaires plus souples et des missions adaptées à la vie de famille.  

Et puis, il y a l'image de l'armée auprès des femmes. L'idée de devoir combattre et tuer (surtout des innocents) les dérange. Elles craignent aussi les agressions sexuelles, le sexisme en général, se méfient des traumatismes liés au combat, mal pris en charge. 

La solution, c'est de changer la communication des armées. L'équipe des tigres canadien propose par exemple des spots publicitaires à destination des femmes, montrant des groupes mixtes autour de feux de camps, faisant griller des marshmallow ensemble (!)... L'idée, c'est d'insister sur la camaraderie entre compagnons et compagnonnes d'armes. 

Ils vont même plus loin : ils suggèrent que le clip se termine par un jeune soldat raccompagnant en voiture une soldate jusqu'à son baraquement : sécurité, galanterie. On sent bien malgré tout qu'il devait y avoir une majorité d'hommes parmi les « tigres » pour imaginer un tel scénario. 

Surtout lorsqu'on détaille l'idée suivante : filmer une soldate dégoupillant une grenade et la jetant dans le feu de l'action.  Le slogan est le suivant : "Bien sûr que je lance comme une fille, mais je ne rate jamais ma cible". Sourire, coupez... c'est dans la boîte. 

Trois ans – de 2016 à 2019 – pour en arriver là. 

Je crois qu'il y a encore pas mal boulot avant d'arriver aux 25% de femmes.

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