La très puissance NRA, l'association qui défend aux Etats-Unis le port d'armes depuis 150 ans, est menacée d'un procès retentissant à New-York et son patron, Wayne LaPierre, accusé d'abus de biens sociaux.

La très puissance NRA, l'association qui défend aux Etats-Unis le port d'armes depuis 150 ans, est menacée d'un procès retentissant à New-York et son patron, Wayne LaPierre, accusé d'abus de biens sociaux.
La très puissance NRA, l'association qui défend aux Etats-Unis le port d'armes depuis 150 ans, est menacée d'un procès retentissant à New-York et son patron, Wayne LaPierre, accusé d'abus de biens sociaux. © Getty / Tom Williams

Aux États-Unis, les temps sont durs pour la NRA, ou la National Riffle Association, une des plus anciennes organisations étasuniennes : elle fête cette année ses 150 ans. C’est ensuite une des plus puissantes puisqu’on dit d’elle qu’elle fait et défait les élections.

Son seul but est de défendre le droit pour chaque américain de se défendre et donc de posséder une arme. Sa puissance se mesure à son énorme budget annuel : plus de 400 millions de dollars et au nombre de ses adhérents : plus de 5 millions et demi.

Or, depuis plusieurs mois, Letitia James, procureure générale démocrate de l’État de New-York veut la peau de la NRA. Elle peut l’obtenir parce qu’elle a dans ses attributions le contrôle des associations installées dans son État.

Elle a donc mené l’enquête et ce qu’elle a trouvé est ahurissant : corruption, abus de biens sociaux, prévarication… Bref tout ce qu’il faut pour aller au procès et ruiner la NRA.

La NRA soit enregistrée à New York, en terres démocrates

C’est vrai que ça parait incroyable, New York étant un État très démocrate et très favorable au contrôle des armes. Sauf qu’en 1871, l’association y a été fondée et que depuis elle y est enregistrée, presque d’une façon sentimentale.

D’ailleurs, sentant le danger, la NRA a réagi en janvier en tentant de se relocaliser au Texas, en terrain ami.

En clair, la NRA a voulu fuir l’État de New-York et, en plus, se déclarer en faillite, histoire d’échapper au procès et à la saignée financière qu’elle risque à New York.

Partir pour le Texas ami et se déclarer en faillite

Non, et c’est une victoire en rase campagne pour la procureure Letitia James ! Mardi, un juge fédéral texan a refusé la mise en faillite de la NRA et surtout sa relocalisation express au Texas. Le pire ce sont les attendus de ce jugement :

Non seulement le juge Harlin Hale de Dallas a débouté l’association arguant de sa mauvaise foi évidente, mais en plus il s’en est pris à Wayne LaPierre, le très charismatique et très craint président de la NRA depuis plus de 30 ans.

Il lui reproche d’avoir décidé tout seul de cette manœuvre sans même en référer à son Comité exécutif, ni même à son directeur financier. Or c’est lui, Wayne LaPierre, 71 ans, qui est en plus le premier accusé dans cette affaire de corruption :

En épluchant les compte, les équipes de la procureure de New York sont tombés sur des dizaines de factures indues passées par Wayne LaPierre : factures de costumes de luxe, facture d’avions privés pour les Bahamas ou pour l’Italie, facture de yachts, la totale !

Comme une poule de basse-cour

A la façon d’Al Capone, tombé pour fraude fiscale ? Probablement pas. La NRA reste une association puissante et soutenue par des millions d’Américains qui mettront la main à la poche.

Mais cette affaire tombe au pire moment : la NRA doit désormais se battre sur deux fronts : le front judiciaire et financier mais aussi le front politique avec la volonté de Joe Biden d’avancer sur le contrôle des armes.

La NRA se trouve donc prise en tenaille et, en plus, probablement bientôt étêtée de son président Wayne LaPierre, un peu comme une vulgaire poule de basse-cour.