Aujourd'hui, on part pour le Vénézuéla pour une histoire de lapins patriotes...

Au Vénézuéla, le lapin patriote
Au Vénézuéla, le lapin patriote © Maxppp / Collection Watier/Maxppp

Vous savez tous combien la crise vénézuélienne est grave au point qu'en moyenne, depuis 10 ans, 75% des Vénézuéliens ont perdu une dizaine de kilos. C'est une vraie moyenne et une vraie étude qui montre bien l'étendue des pénuries alimentaires.

En conséquence, le gouvernement vénézuélien, qui n'est jamais à court d'idées... spéciales a trouvé un début de parade en conseillant aux Vénézuéliens de manger du lapin. Ca s'appelle le « plan lapin » et le ministère de l'agriculture est à fond :

L'idée c'est de promouvoir la viande de lapin et surtout la production directe : un lapin, ça s'elève facilement, y compris en ville, ça se dépèce aussi d'un tour de main, c'est 2 à 3 kilos de viande d'un coup et surtout, les lapins se reproduisent... comme des lapins.

C'est sérieux cette campagne ?

Oui, très. Sauf qu'évidemment, elle a au mieux fait rire les Vénézuéliens, au pire, elle a fait grincer les opposants qui ont fait remarquer que le gouvernement de Maduro était mal placé pour donner des conseils alimentaires alors qu'il a lui-même créé cette crise.

Piqué au vif, le ministère est passé aux travaux pratiques : 15 « communautés », c'est-à-dire quartiers, villages et fermes ont été choisies pour tenter l'expérience : on leur a confié des lapins d'élevage é-nor-mes. Et des lapines, évidemment. C'était il y 2 mois.

Et donc, que sont devenus ces lapins aujourd'hui ?

A votre avis ? Ont-ils été mangé par des Vénézuéliens à court de tout ? Eh bien pas du tout ! Au grand déplaisir des fonctionnaires du ministère de l'Agriculture, les lapins patriotes ont été choyés, offerts aux enfants comme animaux de compagnie, calinés.

On en a même retrouvé lascivement endormi sur les oreillers des chambres à coucher avec de jolis nœuds roses ou mauves, c'est selon, autour du cou. En fait, le lapin n'est pas associé à la casserole au Vénézuéla. Du coup, impossible de les tuer.

Et même les 700 ou 800% d'inflation annuelle et les pénuries, n'ont rien pu y faire : les Vénézuéliens sont certes patriotes et, pour ceux triés sur le volet pour cette expérience, chavistes, ils n'ont pas voulu tuer les lapins. Hasta la Victoria ! Mais sans civet !

On part à Rome maintenant pour se baigner dans la fontaine de Trevi...

Dans la fontaine de Trevi, les touristes jettent des pièces en faisant un voeu.
Dans la fontaine de Trevi, les touristes jettent des pièces en faisant un voeu. © AFP / Alberto PIZZOLI

Anita Ekberg, Marcello Mastroiani, Rla Dolce Vita... Fellini... La réalité est moins sublime... Vous savez tous qu'il est de rigueur de jeter une pièce dans la fameuse fontaine en faisant un vœu. 

Tous les soirs, les employés municipaux ramassent les pièces et à la fin de l'année, c'est près d'un million d'euros qui sont récoltés et donnés à l'association Caritas. C'est fini. La ville est trop endettée, trop ruinée pour se permettre plus longtemps ces largesses.

Désormais l'argent ira dans les coffres de la mairie de Rome. C'est la maire Virginia Raggi qui l'a décidé après avoir l'année dernière instauré une amende salée pour tout ceux qui voudrait jouer les Ekberg / Mastroiani et plonger dans les fontaines publiques romaines.

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