Aujourd'hui histoire du monde nous emmène en Pologne où le gouvernement a décidé de détruire 500 monuments d'époque soviétique...

C'est l'institut de la mémoire nationale, l'INR, qui est à l'origine de cette initiative. Un institut qui a été créé en 1998 pour gérer les archives polonaises de la période soviétique avec pour mission de veiller à interdire toute propagande pro-communiste.

Il est donc dans son rôle lorsqu'il a publié, c'était mi-mars, une liste de 500 monuments – statues, plaques commémoratives – a détruire. L'inventaire est en cours de finition, il devrait être prêt en juin et les démolitions commencer dès cet été.

Mais évidemment, il a suffi que l'INR publie son communique pour qu'immédiatement la Russie proteste officiellement. Il faut dire qu'il n'y a pas que des statues en jeu, il y a aussi des cimetières, un peu comme autour des plages du débarquement en France.

Le gouvernement polonais veut aussi s'attaquer aux cimetières ?

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Non, là ce serait carrément un casus belli ! Pas question de toucher aux tombes de soldats russes. Quand à la réaction de la Russie, elle est quasi automatique. En juin dernier, l'ambassade avait menacé de « représailles » la ville de Nowa Sol.

La ville avait en effet détruit un énorme monument à la « fraternité d'armes entre les Polonais et l'armée rouge ». De la même façon, lorsque l'institut a publié en septembre un jeu basé sur le Monopoly sur les difficultés du communisme réel, la Russie a protesté.

Elle a même fait mieux que protester : elle a d'abord tenté de faire modifier le jeu lui même en proposant de le remplacer par un simple jeu de shopping à la mode soviétique. Devant l'hilarité générale, elle a fini par bannir le jeu purement et simplement.

Mais 500 monuments à détruire, c'est de la provocation... __

C'est exactement ce que dit l'ambassade de Russie qui, pour le coup, n'a pas tort. L'actuel gouvernement polonais est très anti-russe, d'où cette campagne de démolition. Mais à la décharge des Polonais, le pays n'est pas le seul à dé-soviétiser en ce moment.

En Ukraine aussi, on déboulonne. Fin mars, à Zaporizhia, les autorités ukrainiennes ont abattu une statue de Lénine de 20M de haut. Par mesure de rétorsion, la Russie a proposé de récupérer la statue pour la remonter en Crimée. Kiev n'a pas donné suite.

Votre revue de presse reste en Russie aujourd'hui avec l'événement médiatique de l'année : la séance de question – réponse avec Vladimir Poutine...

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C'est ce soir que pour la 14e fois, Vladimir Poutine sera sur tous les écrans russes et pendant au minimum 4 heures de retransmission. L'idée est toujours la même : le président russe répondra aux questions de téléspectateurs de tout le pays.

L'émission s'appelle Ligne directe et la Pravda explique en long et en large ce matin les coulisses de ce programme : en moyenne, 100 000 questions traitées, des équipes mobilisées depuis une bonne semaine pour les recueillir.

Les thèmes vont de la réfection des routes en Sibérie à la politique étrangère russe. Peu de surprises à en attendre : pas de Panama Papers par exemple, puisque Poutine a déjà expliqué « qu'il n'y voyait aucun élément de corruption le désignant ». Fermer le banc !

« L'année dernière », ajoute le quotidien moscovite Kommersant, « l'essentiel des questions avait porté sur l'économie. Une certaine fatigue internationale s'était alors exprimée, avec quelques questions seulement sur l'Ukraine ».

Cette année, c'est moins l'Ukraine que la Syrie qui devrait faire logiquement une appartion remarquée dans les questions adressées à Poutine qui voit dans cet exercice, et c'est l'agence Novosti qui l'explique, « une sorte de super-sondage personnel ».

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