On dirait un conte de Noël : le plus Brexiter des Premiers ministres britanniques sauvé par un humble infirmier portugais ! Et pourtant, c'est exactement ce qu'il s'est passé...

Après un séjour à l'hôpital à cause du Covid-19, Boris Johnson s'adresse à ses compatriotes
Après un séjour à l'hôpital à cause du Covid-19, Boris Johnson s'adresse à ses compatriotes © AFP / AFP PHOTO / 10 DOWNING STREET / PIPPA FOWLES

On va à Londres ce matin, où le Premier ministre se remet doucement. On le comprend mieux lorsqu'on l'écoute : il dit lui même qu'il y a eu "48h où tout aurait pu basculer" et qu'il "doit au NHS, le système de santé universel et gratuit britannique d'être encore en vie". Et il ajoute, pour être bien compris : "aucun doute là-dessus".

Mais il y a une partie de son allocution qui a duré 5mn, pas plus, qui a ému et touché les Britanniques (à 3mn35) : c'est lorsqu'il remercie deux infirmiers en particulier.  La presse a identifié les deux infirmiers : Jenny McGee qui "n'en revient pas" d'avoir été ainsi citée et Luis Pitarma, que le président portugais a aussitôt remercié ainsi que tous les infirmiers portugais qui se battent contre le virus dans le monde entier.

Les soignants étrangers, piliers de nos système de soin

Il sont très nombreux même : l'ordre des infirmiers portugais en compte aujourd'hui 18 000 et leur première destination est le Royaume-Uni. La France aussi fait partie des destinations de choix. Rien qu'en 2019, plus de 4 500 infirmiers portugais ont émigré ! Un record et une saignée !

D'ailleurs la presse britannique ne s'y est pas trompée : quelle ironie du sort ! Boris Johnson, le Brexiter, soigné par un infirmier portugais dans un hôpital public de Sa Majesté. En tout 13% du personnel de santé est d'origine étrangère en Grande-Bretagne.

Le quotidien le Guardian, lui, a même pris soin de relever que les 4 premiers médecins décédés du Covid-19 au Royaume-Uni s'appellaient Dr Alfa Saadu, Dr Amged El-Hawrani, Dr Adil El Tayar et Dr Habib Zaidi. A bon entendeur populiste et xénophobe, salut !

D'autres pays dépendent de ces migrants soignants

On pourrait parler des Etats-Unis où, selon le New York Times, un quart des médecins sont nés à l'étranger. Le secteur médical américain emploie 1,5 million de soignants étrangers ! Ils sont en 1ère ligne contre le coronavirus parce qu'ils sont employés essentiellement dans les grandes villes étasuniennes.

Mais le pays le plus violemment schizophrène, de ce point de vue, est Israël. Alors que, d'un côté Benjamin Netanyahu ne cesse de répéter que les Arabes israéliens sont des "bombes à retardement prêtes à exploser" et d'en faire politiquement une sorte de cinquième colonne, les médecins arabes-israéliens représentent plus d'un médecin sur six et un infirmier sur quatre dans les hôpitaux de Haifa, Tel Aviv ou Jerusalem. Mieux encore, la moitié des pharmaciens israéliens sont arabes. Et tous se battent au quotidien pour sauver des vies.

Le quotidien Haaretz a recueilli ce témoignage d'une médecin arabe-israélienne : "Je veux juste faire le travail pour lequel j'ai travaillé si dur : sauver des vies. Et oublier le racisme. A l'hôpital, nous sommes tous égaux devant la mort et je me le rappelle tous les jours".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.