Dans le petit village vénézuélien de Guaca, les pêcheurs ont trouvé sur la plage des dizaines, voire des centaines de bijoux en or et argent. Une aubaine pour ces habitants d'une région ruinée par la crise.

Prise de vue aérienne le long de la côte caraïbe vénézuélienne
Prise de vue aérienne le long de la côte caraïbe vénézuélienne © Getty / Cristian Lourenco / EyeEm

Il était une fois le petit village de pêcheurs de Guaca sur la côte caraïbe vénézuélienne. Un village jadis prospère qui alimentait toute la région en thon et sardine en boites. Or, des trente conserveries, il n’en reste que huit qui achètent aux pêcheurs locaux leurs poissons pour une misère. A peine de quoi payer l’essence pour les bateaux.

Comme dans tout conte, il faut un héros : le nôtre s’appelle Yolman Lares, un pêcheur de 25 ans. Au début du mois d’octobre, Yolman se dirige vers la petite plage de Guaca… lorsque soudain, il voit briller quelque chose dans le sable. Il s’approche et trouve une chaîne en or ornée d’un médaillon de la Vierge ! Puis une bague, toujours en or… et une autre. Puis il prévient ses proches

L’info n’est pas restée très longtemps secrète !

Dès le lendemain, des dizaines de villageois se sont précipité sur la plage de Guaca. Et le plus incroyable, c’est que la plage a continué à rendre ses trésors : des centaines de bagues, de colliers et de bracelets en or 18 carats ont été ramassés, assez pour que chaque famille de Guaca puisse en tirer quelques dizaines de dollars à la revente.

Notre héros, Yolman Lares, en a tiré 125$ ! Jamais de sa vie il n’avait eu une telle somme ! Il a aussitôt acheté des petits-pains au sucre à ses enfants, les premiers en deux ans ! On raconte que certains villageois ont trouvé jusqu’à 1 500$ de bijoux !

Des pirates moderne, un trésor moderne

Non, pas vraiment. Des analyses réalisées par le New York Times, qui raconte cette histoire dans son édition du week-end, montre que l’or de ces bijoux ne peut en aucun cas être plus ancien que la moitié du XXe siècle. Donc il ne s’agit pas d’un ancien trésor de pirates drossé par la mer. Car cette côte est celle que les vrais "pirates de Caraïbes" ont attaqué des siècles durant. Elle est aujourd’hui celle des pirates modernes : trafiquants de carburant et de drogue.

On pense donc à une de ces barcasses qui, la nuit, rejoignent l’île toute proche de Trinidad pour y débarquer le produit de leur marchandise. Or l’or de joaillerie est plus aisément négociable et plus discret que des liasses de dollars.

Cette histoire à même une fin heureuse : la nouvelle de ce trésor a fait le tour du pays. Mais pour se rendre à Guaca, il faut de l’essence. Les Vénézuéliens n’en ont pas : du coup l’or de Guaca est resté entre les mains des pêcheurs et des familles de Guaca.

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